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ève la Mercedes-Maybach S 600 Pullman de 6,5 mètres de long (Photo : Fabrice Coffrini)

[03/03/2015 08:26:04] Genève (AFP) Fini la morosité: le salon de Genève ouvre mardi dans un climat d’optimisme mesuré, grâce à la reprise du marché automobile européen après des années de crise, et réserve pas moins de 130 nouveautés.

La 85e édition de cette grand-messe de l’automobile, l’un des temps forts pour le secteur comme pour les amoureux de belles voitures, démarre par deux journées consacrées à la presse avant d’ouvrir jeudi ses portes au grand public, jusqu’au 15 mars.

Quelque 220 exposants, en provenance de 30 pays, se sont donnés rendez-vous au bord du Lac Léman pour présenter environ 900 véhicules.

“L’humeur à Genève sera majoritairement bonne” parmi les constructeurs, avance Ferdinand Dudenhöffer, expert automobile allemand.

Après six ans de crise, le marché européen est nettement repassé dans le vert en 2014, progressant de 5,7%, même s’il reste loin de ses volumes d’avant-crise.

Il a poursuivi sur sa lancée en janvier (+6,7%) et les premières données pour le mois de février sont elles aussi positives. Ce mois-là, le marché a crû de 4,1% en France et de 7% en Allemagne, plus gros marché de l’Union européenne, tandis qu’elles ont bondi de 26,1% en Espagne sous l’effet de la prime à la casse.

“Le marché européen va avancer en 2015, mais à vitesse réduite”, a pronostiqué lundi la fédération allemande de l’automobile VDA, qui table sur une hausse de 2% par rapport à 2014. Les prévisions des spécialistes oscillent généralement entre 2 et 5%.

“On voit bien que la reprise que l’on a constatée l’an dernier se poursuit, elle pourrait peut-être même s’accélérer en ce début 2015”, juge pour sa part Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem de l’automobile.

Et un coup de pouce pourrait venir de la baisse des prix du pétrole, qui “redonne de la trésorerie aux entreprises et redynamise un peu le pouvoir d’achat des ménages”, selon Josselin Chabert, expert du secteur chez PwC.

– Des sorts variés –

Tous les constructeurs n’arrivent pas sur le salon avec le même aplomb.

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énérale du salon automobile de Genève en 2014 (Photo : Sebastien Feval)

Contraints à de douloureuses restructurations pendant la crise, les constructeurs français ont récemment publié des résultats financiers encourageants. PSA Peugeot Citroën, qui avait évité de justesse le naufrage il y a un an, a divisé par quatre sa perte nette, tandis que Renault a enregistré un solide bénéfice et annoncé 1.000 recrutements en France cette année.

Les divisions européennes des américains General Motors et Ford sont encore à la peine, subissant l’implosion du marché russe à la suite du conflit en Ukraine.

Le groupe Volkswagen, qui avec ses différentes marques (VW, Audi, Skoda, Seat, etc) s’arroge le quart du marché européen et dispute au japonais Toyota la place de premier constructeur mondial, a lui dégagé des résultats historiques l’an passé, avec un chiffre d’affaires dépassant les 200 milliards d’euros, ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’une extrême prudence concernant l’année en cours.

Il a reçu lundi une bonne nouvelle: sa grande berline Passat s’est vue décerner le trophée de voiture européenne de l’année.

– Supercars et voitures connectées –

Côté nouveautés, plusieurs “crossovers” (4×4 urbains) comme le Renault Kadjar côtoieront de grandes berlines au style révisé comme la Skoda Superb et la Toyota Avensis.

Le salon de Genève fera comme à l’accoutumée la part belle à des modèles de rêve, avec de nouvelles moutures des coupés sportifs Audi R8 et Lotus Evora et des bolides démoniaques signés McLaren, Aston Martin, Ferrari et Koenigsegg.

Sur fond de durcissement des normes antipollution, le salon a pourtant dit vouloir inciter ses visiteurs à aller découvrir les voitures émettant moins de 95 grammes de CO2 au kilomètre.

Le salon, qui espère attirer quelque 700.000 visiteurs, est aussi celui des accessoires, auxquels un pavillon entier sera consacré.

Il sera aussi l’occasion de mettre en vedette les technologies connectées et autonomes (voiture sans chauffeur), vues comme la nouvelle frontière de l’industrie automobile dans la décennie à venir et accompagnées de nouveaux concurrents comme Apple et Google.

“J’ai plutôt de la curiosité que de la crainte sur ce que ces entreprises vont pouvoir apporter”, a affirmé lundi Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, en marge du Congrès mondial de la téléphonie mobile de Barcelone.