Rosetta, une personnalité très connectée

Par : AFP
b07b408905db8c95fcc11b705acddd72c1565332.jpg
études spatiales à Toulouse le 15 avril 2014 (Photo : Eric Cabanis)

[07/11/2014 10:31:27] Paris (AFP) A plus de 500 millions de km de la Terre, Rosetta est une personnalité très connectée. La célèbre chasseuse de comète a son compte Twitter, son compte Facebook, son blog. La sonde européenne a même fait un “selfie” avec la comète Tchourioumov-Guérassimenko en arrière-plan.

“Rosetta marque une transition” dans la stratégie de communication de l’Agence spatiale européenne, “avec la volonté de faire participer le public”, explique à l’AFP Fernando Doblas, chef du Département de la Communication de l’ESA.

“On vit dans un monde où les gens ne veulent plus recevoir l’information passivement. Il faut être acteur de l’information”, souligne-t-il. “Nous avons bien compris l’importance des réseaux sociaux”.

“Salut, le monde!”, avait tweeté la sonde européenne (@ESA_Rosetta) le 20 janvier lorsqu’elle s’était réveillée après 31 mois d’hibernation dans l’espace.

Depuis, elle communique régulièrement sur ses activités, postant des images inédites de la comète, échangeant même, via Twitter, avec son robot Philae (@Philae2014). Début novembre, elle totalisait un millier de tweets et plus de 89.000 abonnés. Philae est un peu en retrait (600 tweets et 18.400 abonnés), mais son heure de gloire est proche.

L’ESA prépare ainsi pour l’atterrissage de Philae sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko le 12 novembre, un programme “continu” sur les réseaux sociaux.

“On a besoin du soutien du public”, déclare Fernando Doblas. “Il faut que le grand public soit fier de ce que l’Europe réalise”.

“Pour une agence spatiale comme l’ESA, ce n’était pas évident de se rapprocher des gens avec des messages qui soient plus simples, plus faciles”, reconnaît-il.

“On gère tout ça avec des équipes très limitées, c’est presque miraculeux”, ajoute-t-il. Bien loin des moyens dont peut disposer la Nasa, l’agence américaine.

“La Nasa a des moyens astronomiques. Nous, les Européens, nous sommes obligés d’être plus débrouillards”, confirme Fernando Doblas.

– ‘Salut, comète!’ –

L’Europe spatiale a une difficulté supplémentaire : sa communication s’adresse à 20 Etats membres “dans 14 langues différentes”.

C’est dans toutes ces langues que Rosetta a par exemple tweeté son arrivée à 100 km de la comète, le 6 août dernier, avec ces mots: “Salut, comète!”.

Cette stratégie de communication grand public fonctionne particulièrement bien en Allemagne, en Espagne et en Italie, précise Fernando Doblas.

Outre son compte twitter, Rosetta a un compte Facebook et un blog, avec des contenus plus techniques.

L’ESA sollicite aussi régulièrement la participation du public avec l’organisation de concours, dont les gagnants sont invités à participer aux grands événements de la mission.

Le nom du site où Rosetta va tenter de se poser le 12 novembre sur la comète, “Agilkia”, a ainsi été choisi à l’issue d’un concours. Le gagnant, un Français, sera invité au Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) de l’ESA à Darmstadt, en Allemagne, pour suivre en direct l’atterrissage.

Pour Fernando Doblas, l’exploration spatiale permet de faire partager au plus grand nombre “des aventures merveilleuses”, des “événements positifs”. Mais les développements technologiques et industriels qu’implique “une folie comme faire atterrir un robot sur une comète” permettent aussi de “parler innovation, croissance et compétitivité”.

La retransmission en direct sur internet du rendez-vous de Rosetta avec la comète, le 6 août, a enregistré 500.000 vues.

Pour l’atterrissage de Philae, l’ESA “dimensionne ses tuyaux pour des millions de vues”. “Nous pensons que nous pouvons atteindre et même dépasser Curiosity”, l’engin de la NASA qui a atterri sur Mars en 2012, dit Fernando Doblas.

Curiosity (@MarsCuriosity, 1,7 million d’abonnés) vient d’ailleurs de tweeter ses “encouragements” à Philae…

Les réfractaires à internet pourront toujours suivre l’événement en direct dans plusieurs lieux dans les différents pays membres.

En France, en partenariat avec le CNES, l’agence spatiale française, trois sites accueilleront gratuitement le grand public: la Cité des Sciences et de l?Industrie (Paris), le Musée de l?Air et de l?Espace (Le Bourget) et la Cité de l?Espace (Toulouse).