Alibaba lève 25,02 milliards de dollars, la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire

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est de la Chine

[19/09/2014 05:04:01] New York (AFP) Le géant chinois de la distribution en ligne Alibaba va faire une entrée fracassante à Wall Street vendredi après avoir levé un peu plus de 25 milliards de dollars, pour devenir la plus grosse opération boursière de l’histoire.

Cette somme permet à Alibaba d’effacer le record détenu par un autre groupe chinois, AGBank, qui avait levé 22,1 milliards de dollars en 2010 à Hong Kong et Shanghai, selon le cabinet de recherche Dealogic.

Le fondateur de cette success-story, l’ancien professeur d’anglais Jack Ma va sonner la cloche –synonyme d’ouverture de la Bourse– vendredi vers 13H30 GMT sur le fameux parquet du New York Stock Exchange (NYSE) à Manhattan, selon des sources bancaires.

Débutera alors la première cotation de cet hybride d’Amazon, eBay et PayPal créé en 1999 avec 60.000 dollars, marqueur de l’économie chinoise, et qui va désormais peser 168 milliards de dollars en Bourse.

En effet, Alibaba a arrêté à 68 dollars le prix unitaire de son action, dans le haut de la fourchette (66-68 dollars) dévoilée lundi.

Pour certains experts, le géant de la distribution en ligne donne l’occasion d’avoir une part du gâteau de l’énorme marché chinois. D’autres ne veulent pas rater le train d’un nouveau Google ou Facebook, selon les analystes.

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à Singapour (Photo : Roméo Gacad)

Le mastodonte du commerce en ligne avait prévu de céder dans un premier temps 320 millions de ses titres (certificats de dépôts), ce qui lui a permis de récolter 21,8 milliards de dollars, auxquels s’ajoute le produit de la vente de 48 millions de titres supplémentaires prévus en cas de forte demande.

Pour éviter tout couac, le NYSE a sorti le grand jeu et procédé à trois tests en temps réel.

“Tout est prêt”, affirme-t-on à l’AFP auprès du NYSE, qui ne veut pas connaître la mésaventure de son rival, le Nasdaq, lors de la cotation de Facebook en 2012.

Le réseau social avait levé 16 milliards de dollars mais son baptême boursier avait été émaillé de nombreux problèmes techniques.

Ces précautions témoignent de l'”Alibabamania” qui a gagné les places financières du globe.

Pour Qing Wang, professeur à l’école de management britannique Warwick, l’entrée en Bourse d’Alibaba est un “tournant” qui “pourrait mettre fin à la domination des Etats-Unis” dans le secteur technologique.

Alibaba a enregistré un bénéfice net de près de 2 milliards de dollars (presque triplé sur un an) pour un chiffre d’affaires de 2,5 milliards (+46%) sur son trimestre clos en juin.

– Reconnaissance internationale –

Certains observateurs ne sont toutefois pas convaincus.

“Le succès d’Alibaba est largement dû à la Chine ou à ce que j’appelle Imitation: C2C (Copier en Chine) ou comment transposer sur le marché chinois les recettes des rivaux internationaux absents dans le pays pour des raisons réglementaires”, estime Trip Chowdhry, chez Global Equity Research.

Lucian Bebchuk, professeur à Harvard, met lui en garde contre des “risques sérieux en termes de gouvernance”.

Virtuellement inconnu hors de ses terres, Alibaba, qui compte quelque 20.000 employés, se taille la part du lion en Chine sur le marché des transactions en ligne entre particuliers, qu’il contrôle à 90% avec sa plateforme Taobao (500 millions d’usagers).

Sa plateforme Tmall.com règne quant à elle sur 50% du marché chinois des ventes en ligne de professionnels à particuliers.

A la recherche d’une reconnaissance internationale, Alibaba a commencé à se diversifier: il a par exemple récemment lancé un site d’e-commerce haut-de-gamme aux Etats-Unis (“11 Main”).

Outre M. Ma (entre 860 millions et 1 milliard de dollars), les deux grands gagnants de cette opération sont les groupes japonais SoftBank, premier actionnaire d’Alibaba avec 34% du capital, et le portail internet Yahoo! (22,4%), qui va empocher au moins 8,2 milliards de dollars pour la cession d’environ 5% de sa participation.