Zalando prêt à entrer dans la danse des marchés, comme le géant chinois Alibaba

62ee67ebc4adadf1ba46e59c6c52d461c46f6d2f.jpg
écembre 2012 (Photo : Martin Schutt)

[18/09/2014 17:44:57] Berlin (AFP) L’allemand Zalando, étoile montant de la vente en ligne en Europe, a dévoilé jeudi ses ambitions pour son introduction à la Bourse à Francfort, sans commune mesure toutefois avec celles du mastodonte chinois Alibaba, sur le point de faire ses premiers pas à Wall Street.

Zalando, dont le siège est niché au coeur du quartier branché de Prenzlauerberg à Berlin, compte mettre en vente 11,3% de son capital et ainsi lever jusqu’à 633 millions d’euros lors de ses débuts sur le marché francfortois, à compter du 1er octobre.

La période de souscription s’est ouverte ce jeudi pour ce qui s’annonce comme l’une des plus grosses opérations à la Bourse allemande ces dernières années, et la première pour une valeur internet depuis longtemps.

La fourchette de prix des titres a été fixée entre 18 et 22,50 euros. Les actions peuvent être souscrites par des particuliers en Allemagne et au Luxembourg. Aux Etats-Unis, seuls des investisseurs institutionnels peuvent les acquérir, précise le groupe dans un communiqué boursier.

Après plusieurs mois de rumeurs en ce sens, le site spécialisé dans la vente de chaussures, vêtements et accessoires de mode, fondé en 2008, avait annoncé au début du mois son intention d’entrer en Bourse. La presse allemande avait alors spéculé sur un montant pouvant aller jusqu’à 750 millions d’euros.

Cette opération “est la prochaine étape logique dans le développement de Zalando” et ainsi soutenir sa croissance, avait récemment expliqué l’un de ses patrons, Rubin Ritter.

Elle ajoute par ailleurs à l’effervescence qui agite le secteur mondial du e-commerce, alors qu’au même moment de l’autre côté de l’Atlantique, le géant chinois de la distribution en ligne Alibaba s’apprête à faire ses premiers pas à Wall Street, pour ce qui s’annonce comme la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire. Cette IPO pourrait permettre au chinois de lever jusqu’à 25 milliards de dollars.

– Concept simplissime –

Si pour l’heure, Zalando est encore très loin de pouvoir rivaliser avec le goliath asiatique, dont le poids en bourse devrait osciller entre 163 et 168 milliards de dollars, le distributeur berlinois ne manque en revanche pas d’ambition, après s’être hissé en à peine six ans au rang de champion européen du e-commerce.

La société a présenté en grande pompe fin août un résultat bénéficiaire au premier semestre, avec un bénéfice opérationnel de 47 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros.

Au départ, un concept simplissime, copié sur un site américain: de Londres à Oslo en passant par Madrid, les internautes peuvent, en quelques clics, acheter pantalons, sacs et colliers en faisant leurs emplettes parmi 1.500 marques. Les produits sont livrés en un ou quelques jours. Un gilet trop grand ou qui ne convient finalement pas? Il suffit de renvoyer gratuitement le colis.

Les grandes marques ont vite réalisé la notoriété grandissante du site et des géants tels que Mango, Desigual ou Adidas y proposent leurs produits.

Actuellement le capital du distributeur, présent dans 15 pays, dont la France et la Belgique, et dirigée par des trentenaires, est détenu notamment par le fonds suédois Kinnevik (36%), Holtzbrinck Ventures (8%), émanation du groupe d’édition allemand Holtzbrinck, ainsi que Global Founders (17%).

Global Founders est un fond appartenant entre autres aux frères Samwer, figures emblématiques de la scène internet allemande et fondateurs de l’éleveur de start-up Rocket Internet, qui chapeaute une vingtaine d’enseignes mondiales de commerce sur internet.

Quelques jours plus tôt, celui-ci a aussi fait part de ses projets d’entrée en Bourse à Francfort, également avant la fin de l’année, alimentant les spéculations sur une possible cannibalisation des deux offres, l’appétit de la place allemande pour les IPO en général et les valeurs internet en particulier n’étant pas forcément très développé.