A Toute Allure – Tunisie : Du BBB Fitch au BB Standard & Poor’s

chute-notation-250512.jpgUne bonne nouvelle ne vient jamais seule. Ainsi l’agence Standard & Poor’s a abaissé la notation de notre beau pays, berceau des révolutions arabes et précurseur du printemps du même nom, à BB avec perspective stable. Cette baisse vient s’ajouter à la notation de l’agence Fitch qui nous a gratifiés depuis février dernier du maintien de la note BBB avec perspectives négatives. Cette nouvelle vient deux jours seulement après la tenue de la grandiose assemblée de Kairouan où nos salafistes nous ont donné un avant goût de ce qu’ils nous préparent inchallah, d’un syndicat islamiste, de cliniques pour femmes, des écoles coraniques à la place des écoles primaires laïques qui polluent les esprits de nos enfants.

Alors, la notation de Standard & Poor’s, encore un truc de l’Occident mécréant, on ne va pas pleurer pour ça! Surtout que nous avons d’éminents savants qui nous ont expliqué à longueur de séminaires et à plusieurs reprises que nous devons cesser de demander des crédits aux Occidentaux et que nous devons même cesser de payer nos anciennes dettes, des dettes douteuses que Ben Ali a utilisées pour sa famille et la famille de sa femme… D’ailleurs, si nous suivons les préceptes des cheikhs salafistes comme Abou Iadh -que Dieu soit content de lui-, nous devons cesser d’avoir recours aux crédits classiques liés à des taux d’intérêts «usuriers» et le «Riba» étant illicite, il faut immédiatement allez voir une banque islamique …

L’assemblée de Kairouan, qui s’est déroulée dimanche dernier, a été précédée vendredi et samedi par une descente et une démonstration de force des salafistes à Sidi Bouzid (suivez le clin d’œil au berceau de la révolution). Les motifs sont ce qu’il y a de plus honnête. Ils (les salafistes) veulent mettre fin à l’anarchie des vendeurs clandestins de l’alcool et de la bière. Du coup, puisque ces vendeurs sont par définition clandestins, les «combattants» salafistes ont pris pour cible les bars et les hôtels. Et c’était la pagaille. Au point que les forces de l’ordre qui ne sont pas intervenues, bien sûr, ont été jalouses et ont pondu un texte dans lequel ils fustigent «ceux qui veulent appliquer la loi sans en avoir le droit» …

Après cette escalade, seul le ministre de la Justice a élevé la voix pour menacer les salafistes, sinon, silence radio au gouvernement, comme chaque fois que ces «gamins» font une «connerie» de gamins, eux qui ne viennent pas de Mars, eux qui sont nos frères, etc.

Alors, comme je vous ai dit, la notation de Standard and Poor’s, c’est quoi déjà?!