Tunisie : 25 patrons en conclave privé pour redéfinir le rôle et la place de l’UTICA

«Autant l’union fait la force, autant la discorde expose à une prompte défaite», et à l’UTICA, les temps sont plus à l’union qu’à la dissension. Plus de 25 représentants des groupes privés les plus importants se sont réunis autour d’une même table, vendredi 6 octobre, pour discuter du rôle, de la place et de l’avenir du patronat et des actions les plus urgentes à lancer afin de repositionner le patronat à l’échelle de la Tunisie économique, politique et sociale.

«Il y en a qui n’ont jamais mis les pieds à l’UTICA», affirme un témoin, et «il est fort probable qu’ils reviennent souvent», ajoute-t-il.

Le secteur privé se redéploie autour de la Centrale et pense un nouveau plan de bataille pour remettre à flots un patronat mis à mal non seulement par la révolution mais par certains de ses adhérents, soucieux plus de servir leurs propres intérêts que celui de leur Syndicat. «Je peux vous assurer que tous ceux qui cherchent à créer des problèmes s’inquiètent plus du risque de perdre leurs privilèges suite à des élections démocratiques que celui du statut du patronat en lui-même. La preuve qu’ils n’ont même pas engagé les élections au niveau de leurs propres structures. Ils s’évertuent à saboter le processus d’élections libres et transparentes», a indiqué Kamel Ben Amer, opérateur dans le secteur des services à propos des problèmes qui ont eu lieu à l’UTICA depuis le début de l’année.

Grand temps de repositionner la Centrale patronale à l’échelle du pays et conséquemment à l’importance du secteur privé dans le développement. C’est ce qui explique la présence de représentants lors d’une réunion informelle à la Centrale, des groupes, Tuninvest-Africinvest, Sellami, Délice Danone, Chaybi, Elloumi, Assad, HP, Ernest and Young et autres avec l’objectif de redéfinir le rôle de l’entrepreneur dans la Tunisie nouvelle, de redorer l’image de l’entreprise ternie par certaines pratiques indignes et répréhensibles et déterminer sa place dans le nouveau modèle de société.

Première action à entreprendre: porter la voix de l’entreprise auprès des partis politiques qui décideront du prochain gouvernement et engager la responsabilité sociale et environnementale du secteur privé. Mais également veiller à restituer l’entreprise dans son environnement social en tant que facteur de prospérité et créatrice d’emplois et de richesses. Le débat a également concerné les déséquilibres régionaux et le rôle du secteur privé dans l’investissement et la création de projets dans les régions déshéritées: «L’emploi est de la responsabilité de l’entreprise». L’UTICA doit aujourd’hui devenir une force de propositions estiment les présents à la réunion. «Maintenant que les énergies sont libérées et que les privilèges, passe droits et interventionnisme politique ont disparu, le secteur privé peut faire plus et mieux pour le pays». D’ores et déjà, l’UTICA compte devenir un vis-à-vis plus efficient dans la participation à l’élaboration des cursus de l’enseignement et la formation professionnelle afin que les profils des diplômés, quel que soit leur niveau, corresponde aux besoins du marché du travail.

A ce titre, la centrale doit être plus impliquée dans les choix des programmes. Des chantiers importants devraient démarrer bientôt, dont l’accélération de la réforme de la Centrale patronale. Les jeunes générations d’entrepreneurs sont appelées à rejoindre l’UTICA et apporter leur grain de sel dans l’édification du syndicat revu et corrigé.

La révision du Code des Investissement, qui date de 1993, la redynamisation de l’Union économique du Maghreb et l’implication de l’UTICA dans les négociations avec la Communauté européenne ont été également mises sur la table des discussions. L’UTICA travaillera désormais sur le rassemblement des entreprises par groupements d’intérêts, de telle manière à favoriser leur introduction en Bourse.

Un comité de sages, celui qui s’est réuni le 6 octobre au siège de l’UTICA en toute discrétion de manière informelle? Nous pouvons le voir de cette manière, car aujourd’hui plus que jamais l’UTICA a besoin d’un cercle d’entrepreneurs chevronnés et visionnaires qui tracent la voie pour le patronat et réaffirment son apport dans la construction de la Tunisie «privée»…

Et comme de nos jours, l’action n’est pas dissociée de l’image, les nouveaux dirigeants du patronat pensent déjà à la refonte de la charte graphique et à la révision de l’identité visuelle de la Centrale, pour que sa nouvelle image reflète ses nouvelles missions et son nouveau rôle.

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