Tunisie : Une journée ordinaire à l’Avenue!

gaberie-art.jpgTrois
ou quatre manifs avec des cris et des drapeaux, une dizaine de gros
attroupements autour de gens qui argumentent inlassablement, une foule dense
pour laquelle la pluie intermittente n’y fait rien, des voitures qui avancent
comme des tortues ou des limaces, des klaxons impatients, des fils barbelés
partout, des policiers en civil portant les débardeurs blanc fluo, des badauds
en-veux-tu-en-voilà, des terrasses de cafés pleines à craquer…

Malgré cette animation, cette effervescence de l’avenue Bourguiba, la plus
importante de l’hyper-centre, ne laisse pas un goût de dynamisme et d’action
mais l’impression que quelque chose d’important et de fondamental est en panne!

Les gens sont passablement absents, comme celui qui se verrait dans un rêve. A
la différence que là, c’est un vrai cauchemar! Car cette avenue célèbre (devenue
encore plus célèbre après le 14 janvier) est devenue à l’image de tout un pays
au dessus duquel est suspendue, menaçante, une épée de Damoclès; celle d’une
prise en otage de tout un pays par le chaos!

Si notre intellect, du plus profond de nos repères civilisationnels, nous
recommande impérativement de voir de l’ordre dans le chaos ambiant à
intermittence, il faut se rendre à l’évidence; ce n’est possible qu’avec de très
gros efforts! En vérité, si on laisse tomber la jobba ”sage” pour parler comme
le fait la frange qui est devenue contestataire sur tout, on crierait tout de
suite: “Dégage… si tu ne laisses aucune chance à personne pour construire
quelque chose!“.

Car c’est la Révolution et on peut tout dire, n’est-ce pas? Bien sûr, à
condition que ce soit très agressif, très démesuré, très irrationnel…

Mais imaginez une seconde que tous les Tunisiens se comportent de cette même
manière, que tout le monde dise “Dégage!“ à tout le monde, que personne ne
veuille plus être ministre ou gouverneur, ou PDG à la poste, la STEG, la SONEDE,
le port, l’aéroport,…