La France, en “récession profonde”, doit limiter le déficit et la dette, dit le FMI

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énéral du FMI Dominique Strauss-Kahn à Genève le 6 juillet 2009 (Photo : Fabrice Coffrini)

[31/07/2009 13:00:19] PARIS (AFP) La France doit faire face à une “récession profonde”, un chômage en hausse et un secteur financier “sous tension” mais la priorité est de limiter les déficits et “d’éviter une dynamique insoutenable de la dette”, estime le FMI dans son rapport annuel sur l’économie française.

“L’économie française n’a pas été à l’abri de la crise mondiale. Le pays se trouve dans une récession profonde, le chômage est en hausse et le secteur financier est sous tension”, résume le Fonds monétaire international (FMI) dans ce rapport publié vendredi dans le cadre des consultations annuelles de l’organisation.

Selon les experts de Washington, le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait reculer de 3,0% cette année – du jamais vu depuis 1949 – “avant de se redresser progressivement” pour gagner seulement 0,4% en 2010. Une prévision en ligne avec celle du gouvernement français.

Mais alors que ce dernier table sur une croissance de 2,5% en 2011 et 2012, il faudrait attendre 2013 pour que la France retrouve une croissance supérieure à 2%, comme avant la crise internationale, selon les prévisions du FMI.

Le taux de chômage atteindrait de son côté 9,5% de la population active fin 2009, puis 10,2% en 2010. Il ne refluerait que progressivement, pour s’établir à 8,1% en 2014.

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éficit public de la France en pourcentage du PIB en 2007 et 2008, et prévisions pour 2009 (Photo : Francis Nallier)

Même si les projections économiques “sont entourées d’une incertitude inhabituelle à ce stade”, “les perspectives risquent d’être révisées à la baisse”, avertit le Fonds.

“Néanmoins, la France a été un peu moins touchée que la zone euro dans son ensemble en raison de son ouverture relativement faible au commerce et de son vaste dispositif de protection sociale”, reconnaît le FMI.

Ses administrateurs “saluent” d’ailleurs “la riposte rapide des pouvoirs publics” dont le plan de relance, conjugué à des “facteurs structurels”, a permis d’atténuer le ralentissement économique et de stabiliser le système financier.

Si certains administrateurs estiment que “de modestes mesures supplémentaires” de relance seront “peut-être nécessaires” si la situation se dégrade, elles seront de toutes façons restreintes par la marge de manoeuvre limitée dont dispose le gouvernement. D’autres jugent tout simplement ces mesures inenvisageables avec un déficit public attendu autour de 7,5% du PIB pour 2009 et 2010.

“Il est prioritaire, pour les années à venir, de préserver la viabilité des finances publiques à moyen terme et d’éviter une dynamique insoutenable de la dette”, insiste le Fonds.

Selon les estimations du FMI, la dette publique (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) devrait bondir de 77,5% du PIB cette année à 83,9% l’an prochain. Elle ne cesserait ensuite de s’alourdir pour atteindre 95,6% en 2014.

“La stratégie devrait reposer sur des hypothèses de croissance réalistes, l’identification d’économies spécifiques à tous les niveaux de l’administration publique et la rationalisation” des niches fiscales.

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ée dans un atelier de confection de l’usine de textile Armor Lux, le 31 janvier 2006 à Quimper (Photo : Fred Tanneau)

Le rapport préconise également la poursuite des réformes pour favoriser la création d’emplois, en faisant preuve notamment de “modération dans l’établissement du salaire minimum”.

Le FMI recommande aussi de développer la formation professionnelle et de “relever l’âge du départ à la retraite pour promouvoir l’emploi des seniors”.

Quant aux banques françaises, si elles ont “relativement bien résisté à la crise financière” grâce à “des normes de contrôle rigoureuses et à des pratiques de crédit prudentes”, une nouvelle intervention des pouvoirs publics “ne devrait pas être exclue”, juge le Fonds.