Energie : Barroso peine à faire passer une enveloppe de 5 milliards d’euros

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é Manuel Barroso le 20 janvier 2009 à Bruxelles (Photo : Dominique Faget)

[23/01/2009 19:05:45] BRUXELLES (AFP) Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a exhorté vendredi les pays de l’Union européenne (UE), encore sceptiques, à accepter de financer un plan de 5 milliards d’euros destiné notamment à améliorer les réseaux énergétiques, à la lumière de la récente crise gazière.

“Les récents événements ont montré l’urgence d’une réponse commune, ils ont montré à quel point l’Europe était vulnérable” pour son approvisionnement énergétique, a dit M. Barroso lors d’une rencontre avec quelques journalistes à Bruxelles.

“J’espère donc que des décisions concrètes vont être prises”, a-t-il ajouté, “et la première manière de prouver notre engagement (à changer la situation) sera d’accepter l’enveloppe de 5 milliards d’euros” proposée par l’exécutif européen, “dont une partie irait aux interconnexions” énergétiques de l’UE, a-t-il ajouté.

Le dossier traîne depuis déjà la fin de l’année dernière.

Dans le cadre du plan de relance de 200 milliards d’euros sur lequel les gouvernements européens se sont mis d’accord en décembre pour faire face à la récession économique, la Commission a proposé aux Etats de mettre sur la table 5 milliards d’euros, dans le cadre du budget de l’UE.

Ces fonds doivent financer des projets à moyen ou long terme visant à améliorer les interconnexions entre les réseaux énergétiques nationaux de l’Europe, et pour accroître l’accès à l’internet à haut début.

Mais les gouvernements sont depuis le début très sceptiques. Ils font valoir qu’en pleine crise économique, ils doivent gérer l’urgence et n’ont guère de fonds à consacrer à des projet de longue haleine, qui plus est trop flous à leur yeux.

Avec la crise gazière, qui a mis en lumière les déficiences du réseau gazier européen, notamment sa trop grande dépendance à l’égard de la Russie, M. Barroso espère désormais que les Etats de l’UE feront moins de difficultés.

Ses projets veulent présenter mercredi prochain une nouvelle liste de projets. Mais la partie s’annonce serrée.

“Cela n’a de sens que si les 5 milliards sont utilisés à des fins très rapides, puisque c’est un plan d’urgence”, souligne un diplomate européen de haut rang.

“Il faut que la Commission apporte la garantie que les projets vont vraiment démarrer rapidement. Elle travaille à une nouvelle liste de projets, mais c’est difficile car il faut des projets mûrs, qui correspondent à un intérêt européen aussi large que possible et justifiant” que les Etats ouvrent les cordons de la bourse, ajoute-t-il.

Un autre diplomate européen prévient également: “notre intention est claire, nous voulons avoir d’abord des projets excellents et parler ensuite seulement du financement”.

La Commission parle des 5 milliards d’euros comme étant des fonds communautaires “non dépensés”, signifiant ainsi que l’effort financier serait quasi-indolore.

Une interprétation que réfutent toutefois les Etats de l’UE. Ils soulignent qu’il s’agirait d’argent certes inclus dans les possibilités théoriques offertes par le budget de l’UE, mais en aucun cas disponibles.

“Ce n’est pas de l’argent non dépensé, c’est de l’argent que la Commission n’a jamais eu en caisse” et que les gouvernements devraient en cas de feu vert débloquer, au moment où leurs déficits n’en finissent déjà pas de se creuser, souligne l’un des diplomates européens.