Travail temporaire : Randstad rachète Vedior pour créer le numéro 2 mondial

 
 
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Le PDG de Randstad Holding, le 28 juillet 2006 à Diemen, aux Pays-Bas (Photo : Evert-Jan Daniels)

[03/12/2007 14:46:51] AMSTERDAM (AFP) Le groupe néerlandais de travail temporaire Randstad va racheter son concurrent Vedior, dans le cadre d’une OPA amicale qui devrait donner naissance au numéro 2 mondial du secteur derrière le suisse Adecco, ont annoncé les deux entreprises lundi.

“Nous préférons parler de fusion”, a déclaré le PDG de Randstad Ben Noteboom lors d’une conférence de presse commune à Amsterdam, soulignant les “nombreux avantages” de l’opération.

Pour chaque action Vedior, Randstad proposera aux actionnaires de Vedior 9,50 euros en cash et 0,32759 action Randstad. Les actionnaires de Vedior détiendront ainsi 33% du groupe fusionné.

L’OPA a été acceptée à l’unanimité par le conseil d’administration de Vedior, et valorisera le groupe à 3,51 milliards d’euros.

“Cette transaction est une offre très attractive pour nos actionnaires”, a déclaré le président de Vedior, Tex Gunning.

“Quand vous unissez deux géants, il faut faire attention à ce que l’un ne domine pas l’autre”, a insisté M. Noteboom, affirmant que “Randstad ne va pas immédiatement tout repeindre en bleu”, la couleur officielle de l’entreprise.

Selon la position de l’un des deux groupes dans les pays où ils sont présents, ce sera l’un ou l’autre qui devrait mener les opérations de rapprochement.

En France, Vedior devrait prendre la main, a expliqué la direction.

Ni Vedior, ni Randstad ne s’attendent à ce que l’enquête des autorités françaises de la concurrence sur les activités de Vedior ait de conséquences pour la fusion.

L’opération devrait permettre de dégager des synergies de 100 millions d’euros par an, d’ici 18 mois, notamment en concentrant les services généraux.

Randstad estime que la fusion sera immédiatement relutive pour le bénéfice par action, hors charges exceptionnelles et amortissements liés à la fusion.

Les deux groupes avaient annoncé vendredi discuter d’une éventuelle fusion.

La fusion n’entraînera pas de licenciements forcés, ont assuré les deux groupes.

Cette opération va donner naissance au numéro 2 mondial du travail temporaire, avec 33.000 salariés dans 51 pays pour un chiffre d’affaires combiné de 17,3 milliards d’euros et un EBITA de 883 millions d’euros.

La fusion dépasserait le numéro 2 actuel: le groupe américain Manpower.

Le chiffre d’affaires d’Adecco est de 21 milliards d’euros.

L’offre de Randstad est sujette à l’acceptation des propriétaires d’au moins 66,67% du capital de Vedior. Elle devrait être bouclée en mars ou avril 2008, après un lancement formel début 2008.

Selon certains observateurs, l’opération pourrait ne pas recevoir le feu vert du gendarme de la bourse néerlandais, car le nouveau groupe dominerait plus de 40% du marché national. Mais M. Noteboom a qualifié cette hypothèse de “très improbable”.

Fritz Froehlich, le président de Randstad, deviendra président du conseil de surveillance de la nouvelle entité. Ben Noteboom, directeur général de Randstad, et Robert-Jan van de Kraats, directeur financier de Randstad, continueront à leur poste.

Tex Gunning, PDG de Vedior, quittera son poste lorsque la fusion aura été réalisée.

Les deux dirigeants ont assuré n’avoir pas été approchés par d’autres groupes en vue d’une éventuelle fusion ou acquisition.

A la bourse d’Amsterdam à 13H27 GMT, le titre Randstad perdait 9,74% à 29,36 euros. Selon les analystes, les investisseurs ont été refroidis par l’intention de la direction d’émettre 57 millions de nouvelles actions pour récolter 1,7 milliards d’euros et financer l’OPA.

Le titre Vedior progressait de 8,82% à 18,50 euros.

 03/12/2007 14:46:51 – © 2007 AFP