La crise de l’immobilier n’en finit pas d’affoler Wall Street

 
 
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Un ouvrier sur le chantier d’une maison, le 24 juillet 2007 à Naperville (Illinois) (Photo : Jeff Haynes)

[25/07/2007 08:57:17] NEW YORK (AFP) L’hypothèse d’une contagion de la crise de l’immobilier américain aux marchés financiers n’en finit pas de tourmenter Wall Street, qui a accumulé signes d’inquiétudes et mauvaises nouvelles en début de semaine.

La douche froide a été sévère mardi: les fonds d’investissement Carlyle et Onex ont été éconduits par des banques créancières pour refinancer 3,1 milliards de dollars de crédits. Selon des sources proches du dossier, citées par le Wall Street Journal, ces banques ont décidé de “reporter” l’opération à un moment plus opportun.

Cette somme doit aider les fonds à financer le rachat d’Allison Transmission pour 5,6 milliards auprès de sa maison-mère General Motors, le premier constructeur automobile américain, via un processus largement répandu chez les fonds acheteurs: un rachat par endettement (LBO en anglais, pour “leverage buy-out”).

Du coup, certains observateurs se demandent maintenant dans quelle mesure le fonds Cerberus, qui prévoit de racheter 80% du constructeur automobile Chrysler pour 20 milliards de dollars, parviendra à boucler son montage financier.

Déjà lundi soir, l’agence de voyage en ligne Expedia avait revu en nette baisse son programme de rachat d’actions, faute d’avoir obtenu l’emprunt souhaité pour le financer.

Cette contraction du crédit sur le marché financier américain trouve son origine dans la crise des prêts hypothécaires à risques dits “subprime”.

Ceux-ci ont permis aux Américains fragiles financièrement d’accéder à la propriété mais beaucoup d’entre-eux ne peuvent maintenant plus faire face à la hausse des taux de leurs prêts et sont acculés au défaut de paiement, ce qui fragilise leurs créanciers.

Ces emprunts sont titrisés –c’est à dire décomposés en de multiples titres financiers– mais avec des taux d’intérêt importants ce qui permet à leurs détenteurs de réaliser de confortables plus-value si les créances sont honorées, et, à l’inverse, une perte d’ampleur en cas de défaut de paiement.

La semaine dernière, le président de la banque centrale américaine Ben Bernanke a mis en garde contre des “pertes importantes dues aux défauts de paiements sur ces emprunts”, citant un montant compris entre 50 et 100 milliards de dollars.

La déroute fin juin de deux fonds spéculatifs de la banque d’affaires Bear Stearns spécialisés dans les crédits à risque avait déjà fait peur aux marchés.

Mardi, le groupe Countrywide Financial, l’un des plus importants organismes financiers spécialisés dans les prêts hypothécaires aux Etats-Unis, a fait état d’une chute de 33% de son bénéfice trimestriel, ajoutant encore à la nervosité des marchés.

“Même avant la publication des résultats de Countrywide Financial, le dollar a touché un plus bas depuis deux mois face au yen et a faibli devant les autres devises, en raison de spéculations sur une aggravation des pertes (dans le secteur, ndlr) et sur un repli de la demande en titres américains”, souligne le site financier Briefing.com.

Pourtant, interrogé lundi par la chaîne financière CNBC, le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson avait assuré à propose de la crise du secteur du logement que l’on avait touché le fond ou que l’on s’en approchait.

Il avait profité de l’occasion pour appeler à “la vigilance” sur les risques inhérents aux prêts à risque mais avait déclaré: “Nous avons un secteur financier en bonne santé dans ce pays, avec des résultats de sociétés à des niveaux records”.

Mais l’agence de notation Standard and Poor’s a alerté mardi, dans un rapport, sur le manque de visibilité pour certains produits financiers dérivés comme les CDO (“collaterized debt obligations”), des prêts qui, éclatés en une multitude de titres, sont censés atténuer pour le porteur les risques de défaut de l’emprunteur.

 25/07/2007 08:57:17 – © 2007 AFP