Centres commerciaux : les promoteurs lorgnent les pays émergents

 
 
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Des visiteurs du Salon international de l’implantation commerciale et de la distribution (Mapic) passent devant des drapeaux, le 15 novembre 2006 à Cannes (Photo : Valery Hache)

[18/11/2006 21:26:59] CANNES (AFP) Quasi inexistants à ce jour, des méga-centres commerciaux devraient pousser comme des champignons au cours des années à venir en Europe centrale, de l’Est et en Asie, mais concurrence oblige, une partie d’entre eux ne devrait pas survivre.

Un moment ralentis après le 11 septembre 2001, les investissements dans l’immobilier commercial ont vite redémarré, notamment dans des pays émergents aux croissances économique et démographique rapides.

Les dépenses de consommation devraient ainsi grimper de plus de 50% entre 2006 et 2011 en Russie, de 25% en Turquie, Slovaquie et Pologne et seulement 12% en France et 5% en Allemagne, selon les chiffres de la société immobilière Jones Lang LaSalle, présente au Salon international de l’implantation commerciale et de la distribution (Mapic), qui s’est tenu cette semaine à Cannes.

Nombre de promoteurs présents au Mapic proposaient des projets commerciaux et expertise dans les pays émergents.

L’Inde, avec son milliard d’habitants, fait partie des futurs Eldorado. La législation en matière de distribution y est contraignante, interdisant l’investissement étranger direct de moins de 50.000 m2.

“Mais quand on sait que 97% du commerce en Inde est non organisé, on comprend que le potentiel est énorme”, souligne Saket Bansal, directeur du promoteur Bansal, venu au Mapic afin de trouver des partenaires étrangers pour ses projets de centres commerciaux. Propriétaire de deux centres commerciaux à New Dehli et d’un à Agra, Bansal espère en ouvrir huit autres.

D’ici 2011, 200 centres commerciaux devraient voir le jour en Inde, soit 9,5 millions de m2 supplémentaires, estime l’expert immobilier Cushman et Wakefield.

Mais “tous ces centres ne seront pas remplis à 100% (d’enseignes) car il n’y aura pas la masse d’enseignes nécessaire à ces projets. Tous ces centres ne vont pas survivre”, juge Tim Eynon, propriétaire d’une centaine de magasins de prêt-à-porter Prozone en Inde.

“La mauvaise qualité des infrastructures (aéroports, routes) et les prix de plus en plus élevés de loyer sont des freins”, ajoute pour sa part Sunil Reddy, directeur du promoteur indien IVR Prime Urban Developpers.

Khan Market à New Dehli est ainsi passé à la 24e place des emplacements commerciaux les plus chers au monde, alors qu’il était 41e un an plus tôt. Coûtant 1.500 euros le m2 par an, Khan Market est toutefois 10 fois moins cher que la Cinquième Avenue avenue de New York (première place).

En Europe de l’Est et centrale, les projets commerciaux foisonnent, certains gigantesques (plus de 120.000 m2). La Turquie, qui accueille depuis quelques années les enseignes étrangères de la grande distribution (Carrefour, Tesco), commence aussi à investir dans les centres commerciaux.

“La question pour les promoteurs de centres commerciaux et les enseignes est de savoir comment avoir la taille critique, quel chiffre d’affaires générer pour réduire les coûts d’exploitation et être agressif sur les prix”, souligne Maxim Karbasnikoff, directeur de Jones Lang LaSalle en Fédération de Russie, qui se montre aussi sceptique sur la viabilité de tous les projets.

Le boom immobilier commercial est aussi palpable en Europe occidentale, notamment en Espagne, en Italie et en Allemagne qui devraient à eux trois créer 4,5 millions de m2 en 2006 et 2007.

Mais là encore, et plus particulièrement en Espagne, certains centres risquent de souffrir car trop proches les un des autres.

 18/11/2006 21:26:59 – © 2006 AFP