RamadanJe l’ai pressenti depuis quelques semaines déjà. Je savais que ce ramadan allait être difficile et allait ramener son lot d’âneries humaines. Mais il semblerait que les événements de ce ramadan 2006 aient dépassé mes attentes bien que celles-ci n’étaient pas franchement optimistes. Carnet de bord de ramadan 2006 en trois épisodes. (1/3)

Persil : l’entame du mois saint (pour ceux qui l’ont oublié, il est bon de rappeler que c’est un mois de piété), s’est caractérisée par une histoire de persil (maâdnouss). Il y aurait eu des commerçants malveillants qui en auraient stocké des masses pour les vendre plus tard au prix fort.

En réaction, notre chère Organisation de Défense du Consommateur s’est réveillée de son très long sommeil pour nous conseiller de boycotter tout simplement ce légume ! Comme ça ! Ils conseillent le Tunisien en plein ramadan de manger du brik et de la chorba sans persil ! Alors qu’on l’attendait pour réagir sur les jeux par SMS, les cagnottes mirobolantes qui n’atterrissent jamais chez des gagnants, les publicités mensongères, les commissions bancaires qui doublent sans qu’on en avise les clients et autres sujets mille fois plus importants, l’ODC s’est réveillée en ce mois de ramadan pour nous conseiller de ne pas nous faire arnaquer quelques centaines de millimes par des commerçants, malveillants certes, mais qui sont bien loin de gagner des millions.

J’ai beau chercher dans la revue 60 millions de consommateurs publiée par l’Institut des consommateurs français, je ne retrouve pas un pareil consommateur s’intéressant à pareille futilité !

C’est-ce qu’on appelle des conseils qui valent du … persil ! Merci ODC !

Tunis7 : l’entame du ramadan s’est caractérisée également
par un énorme flux publicitaire sur Tunis 7. La télé tunisienne n’avait pas
eu autant de pub depuis sa création. Selon les chiffres de Sigma conseil, la télé a encaissé
pour le seul premier jour 360.000 dinars théoriquement ! En une semaine, les
recettes publicitaires théoriques de cette Tunis 7 ont été de plus de 2,1
millions de dinars.

Avec ces faramineuses recettes, la chaîne nationale pourra nous concocter
d’autres “Aziza wa Younès“ et “Nwassi machin truc“ ! Pour les chanceux qui
ont pu rater ces deux séries télévisées, qu’ils sachent qu’elles
représentent ce qu’il y a de plus moderne en termes de créativité
télévisuelle. Ils pourront les noter entre 0,5 et 1 sur 20 s’ils sont
vraiment généreux. Elles rappellent les dessins animés de catégorie 4 que
produisaient les ex-pays du bloc soviétique. Seulement, au lieu de dessins
animés, c’étaient des comédiens qui remplaçaient les dessins.

Pub : Comme je l’ai dit plus haut, l’entame du ramadan s’est
caractérisée par une déferlante publicitaire sans précédent. Côté
créativité, je ne vois pas un spot qui a brillé. Qu’ils soient silencieux
(il y en a !) ou bavards, il n’y a rien eu d’impressionnant ! Sur quoi je
m’interroge est la raison poussant les annonceurs à payer quelque 5.000
dinars les 30 secondes pour glisser leur spot de pub entre 150 autres. S’il
y a une valeur ajoutée, s’il y a une retombée commerciale avérée, s’il y a
un impact positif auprès de leurs clients, je prie ces annonceurs de faire
part de leur génie de marketing et de communication aux grandes écoles
tunisiennes et américaines spécialisées.

(La suite demain…)