Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche élabore une étude nationale visant à améliorer la gouvernance et à assurer la durabilité des services portuaires, et ce, afin de résoudre les problèmes enregistrés au niveau des ports de pêche.
Le département de l’agriculture a expliqué, lors d’une séance d’audition tenue, le 2 avril 2026, par la commission de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et hydrique et de la Pêche au sein de l’Assemblée des représentants du peuple(ARP), que les principaux défis résident dans la dégradation des infrastructures et l’obsolescence des équipements, en plus du coût élevé des projets de réhabilitation et d’extension, de la faible concurrence dans les appels d’offres, ainsi que de la longueur des procédures administratives et de la complexité des marchés publics.
Les représentants du ministère de l’agriculture ont indiqué, à cette occasion, qu’une coordination est en cours avec le ministère de l’Environnement pour accélérer les procédures d’approbation des études d’impact environnemental, afin de garantir le respect des normes en vigueur sans entraver les opérations de dragage des ports.
Ils ont, également, souligné la possibilité de se contenter, dans certains cas, d’un cahier des charges appuyé par des analyses et des mesures préventives, sans passer par une étude d’impact environnemental.
Dans le cadre de la lutte contre la pollution, le ministère de l’agriculture a programmé l’acquisition d’équipements dédiés à la collecte des déchets plastiques dans les bassins portuaires, ainsi que l’organisation de tris réguliers des déchets.
La séance a, également, abordé le problème de la congestion dans plusieurs ports, en raison du dépassement de la capacité d’accueil des quais par la flotte, de l’accumulation des navires abandonnés, en plus du manque aigu de ressources humaines, ce qui a affecté la qualité des services.
Le département de l’agriculture œuvre, ainsi, à surmonter ces difficultés par l’extension des ports et l’amélioration des services offerts.
Evoquant le développement du secteur, le ministère de l’agriculture se penche sur le renforcement de la compétitivité de la pêche par le contrôle des circuits de distribution et des chaînes de valeur.
Il s’agit, également, de consolider l’exportation et de prospecter de nouveaux marchés, en plus de l’encouragement de l’investissement dans l’aquaculture.
Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production totale du secteur a atteint, en 2024, environ 126 mille tonnes, avec des revenus avoisinant les 400 millions de dinars(MD), soit l’équivalent de 17 % du total des recettes d’exportation agricole et alimentaire. Le secteur emploie environ 42 mille emplois directs à travers plus de 12 mille unités de pêche et 42 ports.
Les représentants du ministère ont souligné que les orientations stratégiques du secteur reposent sur la préservation des ressources halieutiques par une gestion rigoureuse des ressources marines, la protection des zones sensibles et le renforcement des mécanismes de contrôle, ainsi que le développement des infrastructures portuaires et la numérisation des services administratifs.
Dans le cadre d’un plan de modernisation des infrastructures portuaires à l’horizon 2050, les travaux d’extension et d’aménagement des ports de Kélibia, Mahdia et Menzel Abderrahmane se poursuivent actuellement.
Pour l’indemnisation des accidents du travail des pêcheurs, les représentants du ministère de l’agriculture ont révélé que le département est en cours de coordonner avec les caisses sociales et les ministères des Affaires sociales et de la Santé, pour étudier les mécanismes permettant aux victimes de bénéficier d’indemnisation à travers le fonds de repos biologique.


