Femmes chefs d’entreprise maghrébines : Pas d’avenir sans nous !

femme_affaire-11052013.jpgC’est
à la faveur d’une conférence sur le potentiel entrepreneurial des
Femmes
et le
développement économique du Maghreb, organisée à Tunis (Gammarth) par Afrimalife
et Konrad Adenauer, la semaine dernière à Tunis, que la question du rôle de la
femme dans l’économie de la région a été débattue. Et bien évidement, il y a été
question d’un peu d’économie et de beaucoup de politique.

A l’heure de ce que certaines d’entre les participantes ont appelé “l’hiver
islamiste“ – par opposition au “printemps arabe“- qui s’abat particulièrement
sur les femmes, toutes réfutent l’image de la femme passive qui constate les
inégalités sans les combattre.

Chefs d’entreprise, elles travaillent et se battent depuis des décennies pour
apporter de la croissance et de la prospérité autour d’elles. Les chiffres sur
leurs participations aux économies de leurs pays sont rares et bien incapables
d’apporter un éclairage réel sur leur poids. Ceci étant dit, les femmes
maghrébines évoluent particulièrement dans le secteur informel, qui représente
plus de 40% de l’économie algérienne et se situe entre 20 et 30% en Tunisie.

Désormais, l’objectif des femmes chefs d’entreprise n’est plus seulement de
sauver leurs entreprises et d’encourager l’entreprenariat au féminin, il
consiste surtout à sauver les acquis et d’arracher des droits en fonction des
pays concernés et de l’instant historique qui s’y écrit. «Notre combat est celui
de la Constitution qui s’écrit», précise Sahar Saleb, activiste égyptienne et
professeur universitaire.

Sabah Chraibi, professeur marocaine et fondatrice de l’Association ESPOD,
considère que «les menaces pèsent davantage sur les femmes tunisiennes et
égyptiennes. Les Libyennes et Mauritaniennes ont tout à gagner contrairement aux
Tunisiennes qui doivent se battre pour maintenir leurs acquis».

Si certaines pensent que les lois et les droits des femmes sont fondamentaux
pour apporter la paix et la cohésion sociale des nations, d’autres estiment que
seule l’indépendance financière des femmes peut leur apporter digité et respect.

En attendant, la Constitution égyptienne est considérée comme un “désastre“ pour
les Egyptiennes, et les failles dans la Constitution tunisienne à valider sont
nombreuses avec des articles litigieux sur le rôle de la religion, de la liberté
d’expression ou le statut de la femme.

De cette conférence, il ressort bien évidement que c’est l’édification d’un
Maghreb économique et uni qui fait défaut en cette période où la carte du monde
est en train de changer. Les femmes qui portent la vie et donc l’avenir, se sont
engagées à y travailler de pied ferme. Qu’à cela ne tienne!
Â