Dette de la Grèce : le Premier ministre va dévoiler son plan de redressement

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éou, le 11 décembre 2009 à Bruxelles (Photo : John Thys)

[14/12/2009 12:53:38] ATHENES (AFP) Le Premier ministre grec Georges Papandréou s’apprêtait à dévoiler lundi son plan de redressement pour réduire la pire dette que le pays ait connue, un exercice difficile entre l’exigence des marchés et une opinion publique inquiète.

M. Papandréou doit s’exprimer “sur la crise que le pays affronte, les grands problèmes qui occupent la société grecque, l’économie, le modèle de production, la crédibilité et le fonctionnement de l’Etat, la confiance des partenaires européens et avant tout sur la vie, le quotidien et les perspectives des Grecs”, a indiqué son bureau de presse.

Il présentera les grandes lignes de son plan d’assainissement que ses partenaires européens et les marchés exigent, en ouvrant “un dialogue social sur l’économie” avec les partenaires sociaux rassemblés au sein de la Commission économique et sociale (OKE).

Le gouvernement a prévenu qu’il annoncera en détail son train de mesures lors du dépôt à la Commission européenne de son pacte de stabilité et de croissante, courant janvier. Il a d’ores et déjà affirmé qu’il comptait combattre le gaspillage public et la fraude fiscale dans un pays fort d’une économie parallèle de quelque 30%, et réformer le système des retraites.

Continuer à obtenir des prêts est “une question de vie ou de mort pour l’économie grecque”, a déclaré le numéro deux du gouvernement Théodore Pangalos, dans une interview au quotidien grec Ta Nea. Le gouvernement “doit réclamer la coopération et la compréhension du peuple grec (…) Tous les citoyens doivent apporter leur dû d’une manière juste et selon leurs moyens”, a souligné le vice-Premier ministre.

“Il n’y a pas de temps pour un dialogue social ni pour une longue réflexion”, a mis en garde Miranda Xafa, ancienne conseillère du FMI, sur une radio privée, exprimant l’impatience des marchés pour la prise de mesures urgentes et immédiates.

“Les marchés ne peuvent continuer de financer car la dette est devenue explosive. Ce que veulent voir les marchés c’est une stratégie qui diminue la dette et la canalise dans une voie décroissante stable”, a-t-elle ajouté.

M. Xafa a estimé qu’il fallait se diriger vers “une baisse importante du coût du fonctionnement du secteur public, et pour cela il faut toucher des droits acquis de nombreux groupes sociaux, c’est difficile politiquement mais c’est indispensable”.

“De notre point de vue, a affirmé Lorenzo Bini-Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne, dans un entretien au quotidien italien La Stampa, la Grèce doit mettre en oeuvre des mesures qui d’ici fin 2010 permettent aux titres de sa dette publique de récupérer une note avec A, qui redeviendra le seuil minimum pour nos opérations de marché”.

La Grèce a été sanctionnée la semaine dernière par les agences de notation Standard and Poors, et Fitch, qui ont dégradé ou mis sous surveillance négative ses notes d’endettement, en raison notamment de la grave situation budgétaire du pays.

L’agence Moodys a entamé lundi à Athènes une série d’examens des comptes grecs auprès du ministère des Finances, de l’Institut de statistiques et de la Banque de Grèce.

Deux de ses experts se sont entretenus dans la matinée avec le ministre des Finances Georges Papaconstantinou qui entamera mardi une tournée à Berlin, Londres et Paris pour expliquer le plan grec à ses principaux partenaires.

M. Papandréou poursuivra mardi sa campagne pour rassembler le pays face à la crise en réunissant les chefs de partis politiques sous l’égide du chef de l’Etat.