Tunisie-Maroc : Le rêve de Najib Zerouali Ouariti

En raison de la complexité des relations tuniso-marocaines, la
mission des ambassadeurs en charge de ce dossier est loin d’être une sinécure.
Sauf peut-être pour Najib Zarouali Ouariti, ambassadeur du Maroc à Tunis, et son
collègue tunisien, Salah Baccari. Car au moment où la mission du premier, en
poste depuis trois ans, se poursuit, et que celle du second vient de s’achever
après l’un des plus longs baux dans l’histoire de la diplomatie tunisienne, les
rapports entre Tunis et Rabat ont rarement été aussi promoteurs économiquement.

najib-zerouali1.jpgInvité
surprise de la troisième édition du forum «Maghreb Développement» (Tunis, 19-20
novembre 2009), organisé par Attijariwafabank, l’ambassadeur marocain l’a
confirmé : «Des décisions administratives prises depuis 2006 ont permis de
faciliter les échanges entre les deux pays en éliminant des obstacles aux
exportations et aux importations». A telle enseigne que «les services
économiques de l’ambassade» du royaume chérifien dans la capitale tunisienne
«n’ont plus, depuis 2007, eu à intervenir» pour débloquer une opération
commerciale dans un sens ou dans l’autre.

Cependant, les deux gouvernements ne se sont pas contentés de déminer le terrain
des échanges commerciaux. Ils ont également ajouté quelques pierres à l’édifice
de la coopération tuniso-marocaine en concluant quelques accords de partenariat,
dont celui instaurant l’Open Sky entre la Royal Air Maroc et Tunisair, un autre
portant sur les certificats de conformité qui rend acceptables dans les deux
pays les attestations de leurs laboratoires d’analyses respectifs.

Les deux gouvernements sont également en train d’élaborer un tableau de
correspondance de leurs nomenclatures douanières respectives qui devrait
déboucher sur la conclusion d’une convention en vue de faciliter davantage les
échanges commerciaux tuniso-marocains.

Tous ces efforts n’ont pas manqué de faire sentir leurs effets : en 2008, les
échanges entre les deux pays ont fait un bond de 32%. Malgré cela, l’ambassadeur
du Maroc est convaincu que les deux pays et, en particulier, leurs opérateurs
économiques respectifs, peuvent faire plus en mettant à profit l’Accord d’Agadir
ratifié par l’ensemble des pays membres de cet ensemble sous-régional (Maroc,
Tunisie, Egypte et Jordanie). Un instrument qui, rappelle Najib Zarouali Ouariti,
«ne vise pas seulement à favoriser le libre-échange, mais également à développer
l’intégration économique entre les pays membres». Aussi, le diplomate rêve-t-il
de voir les entreprises de ces pays se liguer pour faire face à la concurrence
internationale, par exemple en transformant la matière première de l’un d’entre
eux, chez un autre avant d’achever le processus dans un troisième, ou en
soumissionnant ensemble à des appels d’offres internationaux.

Toutefois, entre le Maroc et la Tunisie tout n’est pas encore pour le mieux
comme dans le meilleur des mondes. L’ambassadeur du Maroc regrette notamment que
la liaison maritime entre les deux pays souffre d’un problème de rentabilité et
révèle avoir proposé aux autorités tunisiennes et libyennes d’y pallier en
prolongeant la ligne jusqu’à Tripoli.