L’Australie inquiète des visées chinoises sur ses ressources minières

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ée fournie le 27 juillet 2006 d’une mine d’uranium à 250 km à l’est de Darwin en Australie (Photo : AFP)

[22/02/2009 09:55:37] MELBOURNE (AFP) Les visées chinoises sur les gigantesques ressources minières de l’Australie provoquent un regain de nationalisme qui trouve un certain écho au sein d’une classe politique hostile à une mainmise du géant asiatique sans contreparties.

Ces craintes ont pris une acuité particulière depuis que le géant public chinois de l’aluminium Chinalco a fait part, le 12 février, de son intention d’investir 19,5 milliards de dollars américains (15,2 milliards d’euros) dans le groupe minier anglo-australien Rio Tinto, criblé de dettes.

Il s’agit du plus gros investissement chinois jamais réalisé à l’étranger.

Quatre jours plus tard, le géant chinois des mines, Minmetals, faisait une offre de 2,6 milliards de dollars australiens (1,3 milliard d’euros) pour prendre le contrôle du groupe australien OZ Minerals.

Affaibli par la chute des cours des matières premières, OZ Minerals a été contraint de vendre des actifs et d’adopter d’autres mesures de réduction des coûts (suppressions d’emplois, baisse de la production, fermeture de mines).

La Chine est de plus en plus intéressée par le minerai de fer australien car elle cherche à sécuriser ses approvisionnements pour sa croissance économique dans un contexte de forte fluctuation des prix des matières premières.

Gros consommateur de ressources naturelles en raison de sa forte croissance économique ces dernières années, elle est également le premier partenaire commercial de l’Australie.

Mais Barnaby Joyce, sénateur conservateur du Parti national (opposition), estime que de telles transactions ne sont pas dans l’intérêt de l’Australie et appelle de ses voeux un veto gouvernemental.

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à Sydney (Photo : Torsten Blackwood)

“C’est le gouvernement chinois qui va acquérir des mines australiennes et il sera très difficile de lui dire, lorsqu’il sera là, que nous n’aimons pas ses méthodes”, a-t-il déclaré.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le sénateur Vert Bob Brown est encore plus hostile et dénonce le manque de réciprocité.

“Les communistes autocrates de Pékin n’autoriseraient jamais une société australienne à prendre le contrôle à périmètre équivalent de ressources chinoises”, a-t-il estimé.

“Il est dangereux pour notre pays ouvert et démocratique de voir la dictature de Pékin prendre le contrôle de ces entreprises et de nos ressources”, a ajouté le sénateur réputé pour son soutien à la cause tibétaine.

Soucieux de protéger ses actifs stratégiques, le gouvernement australien de centre-gauche a récemment assuré qu’il allait durcir sa législation sur certains investissements étrangers, mais il n’a pour l’heure laissé filtrer aucun détail.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Wayne Swan, a simplement indiqué que la validité des transactions serait examinée à l’aune de “l’intérêt national”.

Le gouvernement australien avait donné son feu vert fin septembre à une prise de participation de 49,9% du sidérurgiste chinois Sinosteel dans le groupe minier australien Murchison, la jugeant justement compatible avec “l’intérêt national”.