Coup de froid sur les vacances au soleil cet hiver

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à proximité de Grand-Bourg sur l’île de Marie-Galante en Guadeloupe dans les Antilles Françaises. (Photo : Marcel Mochet)

[21/11/2008 14:03:35] PARIS (AFP) Après une bonne saison d’été, les tour-opérateurs français subissent un sérieux coup de froid cet hiver: sous l’effet de la crise financière, les réservations pour les destinations au soleil sont en chute libre, poussant certains d’entre eux à casser les prix.

“La crise ne s’est pas arrêtée aux frontières de la France” comme le nuage de Tchernobyl, et “elle pèse sur le pouvoir d’achat des Français”, constate Jean-Marc Siano, PDG de Nouvelles Frontières.

Alors que d’autres voyagistes ont préféré réduire leurs capacités, Nouvelles Frontières a opté pour des promotions ciblées allant jusqu’à 40% sur les destinations les plus affectées, comme la République Dominicaine, la Guadeloupe, la Martinique, l’Ile Maurice ou le Maroc.

Les réservations pour l’hiver de cette filiale du géant TUI Travel sont globalement en retard de 8%, et à partir de Noël, la chute s’accélère à 20%.

Le ton de la campagne sur les “prix de crise” est décalé: “des centaines de milliards viennent de s’envoler. Faites la même chose”. “Nous voulons créer un électrochoc pour inciter les indécis à oublier la crise pendant quelques jours cet hiver”, a déclaré M. Siano à l’AFP.

Le tour-opérateur toulousain Fram joue sur le même registre: une campagne de promotion sur le Maroc invite à “fuir la morosité” et “abandonner ses soucis” grâce au soleil de cette destination.

Depuis octobre, “il y a eu une inflexion brutale des ventes”, les réservations pour l’hiver sont en baisse de 12%, explique Antoine Cachin, son directeur général. “La frilosité générale a amplifié la tendance à réserver à la dernière minute”.

La désaffection est particulièrement forte pour les voyages lointains: les réservations ont chuté de 30% en septembre et octobre, contre un recul entre 5 et 10% pour le moyen-courrier, selon le président de l’Association des tour-opérateurs (Ceto), René-Marc Chikli.

Des annulations pour cause de crise, encore plein de places à prendre pour Noël, des clients qui tentent de négocier les prix …”c’est la catastrophe. Noël ne s’est jamais présenté aussi mal, même après les attentats de 2001″, déplore M. Chikli. “Et nous n’avons aucune idée sur la sortie du tunnel”.

Seules rescapées de la crise, la destination Etats-Unis, qui profite du dollar faible et de l’effet Obama, l’Egypte, en plein essor après des années difficiles, et les vacances à la neige en France.

Pour l’été aussi, les perspectives sont plutôt moroses: selon M. Chikli, “il y a peu d’espoir d’assister à une sortie de crise au premier semestre”. “Les tour-opérateurs anglais et allemands ont déjà réduit entre 15 et 25% leurs capacités pour l’été”, et la France risque de suivre, a-t-il ajouté.

Le tour-opérateur Jet Tours, qui vient d’être racheté par Thomas Cook au Club Med, a lui aussi tiré les conséquences de la crise, en baissant entre 10 et 20% ses tarifs pour l’hiver, sur des destinations comme les Maldives, la République Dominicaine, la Chine ou l’Inde.

Même dans le haut de gamme, “les gens surveillent leur portefeuille et regardent à deux fois avant de dépenser”, explique sa directrice générale Anne Bouferguene. Après une “croissance à deux chiffres” en 2008, elle s’attend à un “été difficile”, mais ne compte “pas réduire la voilure”.

Look Voyages a lancé des offres spéciales pour Noël sur deux destinations délaissées, la République Dominicaine et Cuba. Selon son directeur général, Cédric Gobilliard, les vacanciers “cherchent du soleil et la plage, mais, avec la crise, ils ne veulent pas aller loin”.