Crise financière internationale : Que retenir de la tempête ?


Par Maryam OMAR

Certes, il est encore prématuré d’en venir aux enseignements définitifs de
cette crise qui perdure, en vérité, depuis deux années au moins. Mais déjà,
ce que tout le monde connaît et qui n’est donc un secret pour personne
montre que même les plus grands, les plus puissants, qui disposent de
fortunes proprement colossales, des meilleures têtes pensantes, des
gestionnaires les plus cotés… peuvent perdre le sens des réalités et finir
par se laisser entraîner dans tout ce qui défie leur propre logique.

C’est malheureux, n’est-ce pas, de voir une institution vieille de près de
160 années partir complètement démantelée par l’effondrement de la valeur de
tout ce qu’elle a mis tant de temps et d’énergie à construire ?

Pourtant, à aucun moment ses gestionnaires ne peuvent prétendre qu’ils ont
été pris de court vu que tout le monde voyait bien venir la crise à la face
de tous ceux qui ont investi des fortunes dans l’immobilier américain. C’est
contre toute logique d’investir dans des valeurs que tout décrit comme
‘’pourries’’, instables et en chute libre ? Pas du tout, il y a une
‘’logique’’ à cela… et elle est culturelle si l’on ose dire !!

De fait, la culture d’entreprise chez Lehman Brothers, comme dans la
quasi-totalité des banques d’investissement américaines, se résume en une
double formule : ‘’DE GRANDS RISQUES contre DE GRANDES RECOMPENSES’’.

C’est de la sorte que le tout fonctionne depuis des années avec la
bénédiction de la totalité du marché qui voyait en ces gens des héros des
temps modernes capables de faire fructifier les capitaux de manière
astronomique. Et tant que cela marchait, tant que le marché avait confiance
(à tort ou à raison), on criait au génie alors que l’on voyait la
multiplication vertigineuse des coups de dés.

Cette fois, la crise immobilière des subprimes a été trop forte et elle
s’est répandue trop rapidement au moment où beaucoup pensaient faire des
affaires en achetant ce qui est devenu des Junk Bonds tombant dans un
gouffre jusqu’au moment fatidique où la confiance du marché s’ébranle… C’est
alors que chacun, y compris l’Etat, ne pense plus qu’à sauver ses billes.
Donc Rush sur les liquidités. Tout le monde se précipite. Le liquide devient
rare. On ne peut plus éponger les trous béants. Et, enfin, celui qui tombe,
tombe tout seul et reste sur le champ de bataille !