La Bourse de Paris à l’épreuve des publications trimestrielles des banques

 
 
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Le palais Brongniart, place de la Bourse à Paris (Photo : Jean-Pierre Muller)

[10/05/2008 08:02:21] PARIS (AFP) La Bourse de Paris, qui s’est repliée sous le seuil des 5.000 points, affrontera la semaine prochaine l’épreuve des résultats trimestriels des banques, une composante importante du CAC 40.

Sur la semaine écoulée, l’indice CAC 40 a mis fin à une série de trois semaines de hausse consécutives, cédant 2,15% pour finir à 4.960,56 points.

L’événement de la semaine prochaine sera la publication des résultats au premier trimestre des quatre banques du CAC 40, Société Générale mardi, BNP Paribas et Dexia mercredi, et Crédit Agricole jeudi.

“Qui s’attend à de bonnes nouvelles? Tout le monde a peur, bien entendu. Mais les attentes sont faibles. Aujourd’hui tout le monde est prêt à noircir le tableau. Il y a beaucoup de suspicion autour des groupes bancaires”, souligne Tristan Abet, stratège actions de CA Cheuvreux.

“Le premier trimestre pâtira d’une base de comparaison très élevée avec le premier trimestre 2007, et les chiffres ne seront pas beaux à voir. A l’évidence, on assistera à une contraction de l’activité, mais le marché a déjà intégré que pour les banques, ce trimestre a été très mauvais”, ajoute Vincent Treulet, stratège de Natixis.

D’autres poids lourds du CAC 40 publient leur chiffre d’affaires ou leurs résultats trimestriels, dont Carrefour, Bouygues ou ArcelorMittal.

En matière de statistiques, la semaine sera peu fournie. Les divers indicateurs américains (ventes de détail, stocks des entreprises, inflation, production industrielle) seront “des éléments pour tenter de savoir comment se comporte la croissance américaine”, selon M. Treulet.

“Mais il y a des chances pour qu’on traverse une période d’attentisme où l’on tentera de chercher la tendance du produit intérieur brut américain au deuxième trimestre, ce qui ne plaide pas pour une continuation en mai de la bonne tendance d’avril”, a souligné le stratège.

De plus, la hausse du dollar depuis fin avril, qui est favorable aux marchés européens, touche peut-être à sa fin, incitant les analystes de Goldman Sachs à penser que “la surperformance des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines est finie pour le moment”.

L’une des tendances notables est enfin la faiblesse relative des volumes d’échanges depuis un mois. “Le risque d’investissement ne peut pas être élevé actuellement. La participation n’est pas forte chez les investisseurs”, considère Tristan Abet.

A la fin d’une semaine plutôt terne, la séance de vendredi (-1,88%), qui a vu “une petite réplique de la crise financière, comme dans un séisme”, d’après Vincent Treulet, a rappelé que toute reprise des actions était assez fragile.

Les yeux sont plutôt tournés vers le pétrole, dont les cours ont battu record sur record lors de la semaine écoulée, le baril passant les 120 dollars à New York lundi, et les 126 vendredi.

“Le marché est rattrapé par ce prix du pétrole qu’il a regardé monter sans ciller, et qui maintenant l’inquiète à juste titre. Car c’est un facteur négatif pour le pouvoir d’achat, une source d’inflation, et que cela rogne la croissance des importateurs d’énergie”, selon le stratège.

 10/05/2008 08:02:21 – © 2008 AFP