Céréales : les blés français, trop chers, ne s’exportent plus

 
 
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Photo d’un champ de blé prise le 19 juillet 2006 à Giberville (Photo : Mychele Daniau)

[15/02/2007 16:10:11] PARIS (AFP) Les blés français, pénalisés par la fermeté de l’euro, ne s’exportent plus depuis le début de l’année car ils sont devenus “les plus chers du monde”, a souligné cette semaine l’interprofession des grandes cultures (Onigc).

Les cours du blé français atteignent 196 dollars la tonne, alors que son concurrent direct, le Soft Red Winter américain, vaut entre 175 et 176 dollars, pratiquement le même niveau que le blé argentin. Le blé russe est également moins cher à 192,5 dollars.

“Le blé français est actuellement le plus cher du monde excepté le Hard Red Winter américain (blé de haute qualité) coté à 208 dollars”, a déclaré mercredi Bruno Hot, le directeur général de l’Onigc, devant la presse.

Dans ce contexte, la France est exclue des appels d’offres internationaux. Depuis le début de la campagne, l’Egypte, l’un des plus gros importateurs de blé de la planète (6 à 7 millions de tonnes par an) a ainsi acheté près de 1,8 million de tonnes (Mt) de blé américain, 0,9 Mt de blé russe, 0,5 Mt de blé canadien et seulement 0,4 Mt de blé français, ventes réalisées en début de campagne.

“Nos ventes piétinent et cette situation nous oblige à revoir notre objectif d’exportation de blé aux pays tiers maintenant fixé à 6,1 Mt contre 6,3 Mt initialement prévu en début de campagne”, a précisé Bruno Hot.

Outre la parité euro/dollar défavorable, le cours du blé français n’a pas suivi la courbe baissière du prix du blé américain. Pour la première fois de son histoire, le prix du blé américain est passé en-dessous de celui du maïs, lequel a été dopé par le développement des biocarburants (éthanol) aux Etats-Unis.

“Depuis le début de l’année, le blé américain a perdu 35 dollars, tandis que le blé français ne fléchissait que de 10 dollars bénéficiant d’une forte demande intérieure et communautaire”, a expliqué Bruno Hot.

“Au même moment, la remontée de l’euro au-dessus de 1,30 dollar est venue accentuer le déséquilibre entre le prix du blé français et ses concurrents”, a-t-il précisé.

Malgré ce coup d’arrêt des exportations, les céréaliers français se veulent confiants. “Le début de la campagne a été très dynamique et nous a permis d’engranger près de 5 Mt de commandes de blé dont 3,2 Mt ont déjà été embarquées”, a indiqué Bruno Hot, qui table également sur un “essoufflement” des concurrents d’ici la fin de la campagne céréalière (fin juin 2007).

“Leurs disponibilités vont se réduire et les blés français de qualité devraient alors retrouver leur place sur la scène internationale”, a-t-il prédit.

Enfin, selon lui, le ralentissement des exportations n’a pas eu d’incidence sur le bilan français de fin de campagne, “la forte demande communautaire comblant aisément le manque à l’exportation”.

L’Onigc a même réajusté à la baisse le stock de blé à la fin de la campagne actuelle à 2,3 Mt contre 2,45 Mt prévu en janvier et 2,8 Mt fin 2005/06.

 15/02/2007 16:10:11 – © 2007 AFP