Restrictions des bagages à main : le “duty free” craint pour ses revenus

Par : AFP
 
 
SGE.DXK56.120806083013.photo00.quicklook.default-245x161.jpg
Les mesures de restriction à bord des avions après les attentats déjoués au Royaume-Uni

[12/08/2006 08:32:32] LONDRES (AFP) Les ventes détaxées dans les aéroports vont pâtir des restrictions apportées aux bagages à main tolérés dans les avions si elles sont prolongées et généralisées, avançaient vendredi des experts, mais le lobby du “duty free” envisageait déjà des adaptations.

Pour l’heure, tout produit “liquide”, qu’il s’agisse d’alcool, de parfum ou de crème, est banni des vols à destination des Etats-Unis à la demande de l’Administration américaine chargée de la sécurité des transports (TSA).

Cette mesure, qui ne concerne pas les autres destinations, a été prise alors qu’un complot terroriste visant à faire exploser des appareils entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à l’aide d’explosifs liquides selon les autorités américaines, a été déjoué par la police britannique.

“Les passagers peuvent continuer à faire des achats dans les magasins”, a précisé un porte-parole de la société BAA, qui gère l’aéroport londonien d’Heathrow. “Les produits qu’achètent ceux qui se rendent aux Etats-Unis font l’objet d’une deuxième fouille à l’entrée des salles d’embarquement”, tout liquide étant confisqué, a-t-il dit.

Aux Pays-Bas, un porte-parole de la compagnie KLM a souligné qu’il incombait aux magasins de faire appliquer l’interdiction, en refusant la vente de liquides aux voyageurs se rendant aux Etats-Unis.

“Les boissons achetées dans la zone stérile doivent être consommées avant l’embarquement”, a déclaré de son côté Aeroflot, seule compagnie russe à desservir les Etats-Unis.

Au Portugal, les autorités aéroportuaires n’excluaient pas que ces mesures soient étendues à d’autres vols. A Londres, leur durée d’application restait inconnue.

“Nous espérons qu’elles resteront en place pour un temps limité et ne seront pas pérennisées”, a déclaré à l’AFP une porte-parole du ministère britannique des Transports, ajoutant qu'”aucune date n’avait été fixée”.

Chez Aéroports de Paris, lancé dans une ambitieuse politique de développement de ses commerces, on estimait vendredi qu’il était trop tôt pour mesurer l’impact potentiel des nouvelles restrictions sur les ventes hors taxe.

Mais des experts anticipaient déjà une perte considérable de revenus, les parfums et cosmétiques et les vins et spiritueux ayant représenté 45% des ventes mondiales des magasins détaxés en 2005 avec 12,3 milliards de dollars, selon la société d’études suédoise Generation.

“A court terme, cela va être très difficile”, anticipe Yngve Bia, son président. Il s’attend ainsi à ce que le lobby du secteur fasse front.

“Si ces mesures sont généralisées et que l’on ne peut plus amener ses achats à bord, c’est là que réside peut-être le problème économique le plus sérieux”, renchérit Jean-Claude Baumgarten, président du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC). Selon lui, “le commerce duty free va devoir s’adapter, imaginer un système pour mettre le duty-free dans les soutes”.

La société irlandaise Aer Rianta, qui gère des magasins d’aéroports en Europe, aux Etats-Unis et au Proche-Orient, a déjà commencé.

“Nous examinons avec les compagnies la possibilité de vendre les produits aux passagers, puis de les faire mettre en soute”, a indiqué vendredi son directeur, Frank O’Connell, à la revue spécialisée The Moodie Report.

La collecte des colis à l’arrivée et la nécessité pour les magasins de fournir un emballage spécial crée des difficultés, selon lui. “Mais il nous faut commencer dès maintenant à prévoir des alternatives, plutôt que d’accepter la situation, surtout si elle se prolonge”, a-t-il ajouté.

 12/08/2006 08:32:32 – © 2006 AFP