L’impunité derrière la vente conditionnée ?

Par : R.B.H
 

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serveur.jpgC’est un
fait certain ! On a beau en parler à longueur de colonnes, réaliser des
reportages, dénoncer ces agissements auprès des instances concernées, il semble que les
concernés … ! On parle de ces commerçants qui appliquent la
vente conditionnée au mépris de la loi, des consommateurs et de l’éthique.

Les cafés tout d’abord. Ils sont passés maîtres en la matière. Il y
a ceux qui exigent la vente d’une pâtisserie avec le café ou le thé (dès
lors qu’il s’agit d’une consommation à un prix relativement bas) si vous
voulez un siège assis. Cette «loi» est appliquée également chez ceux qui
vendent le café à un prix élevé.

Il y a ceux qui ont une autre trouvaille. Comme le café doit être vendu à un
prix approuvé par une autorité régionale de tutelle (et c’est grâce à elle
que l’on n’a pas un express vendu à 10 dinars !), ces cafetiers proposent
désormais un café classique et un café d’une marque italienne ou européenne
vendu nettement plus cher. Si le client demande le café classique bien de
chez nous, le serveur répondra d’une manière stricte et ferme (frisant
l’impolitesse) qu’il n’y a que le café importé. Et naturellement, c’est à
prendre ou à laisser ! Et quand le client est un jeune étudiant accompagné
d’une charmante amie, il ne peut que subir le diktat de ces hors-la-loi !

La vente conditionnée ne touche pas uniquement les cafés naturellement.
Certaines stations service appliquent également leur diktat. Essayez par
exemple de vidanger votre huile de voiture avec un produit qui n’est pas le
leur (acheté dans un hyper par exemple), il est hors de question que vous
puissiez réaliser la vidange chez eux. Pourtant, force est de constater
qu’en très gros caractères, ils indiquent Vidange. Il n’a été nullement
écrit qu’il est obligatoire d’utiliser l’huile de vidange de l’enseigne de
cette station service.

Face à ces cas (qui sont les plus courants), que font les autorités de
tutelle ? Si l’on sait parfaitement que les contrôles sont quotidiens et
permanents (il suffit de voir les chiffres), il est clair que l’on constate
que la batterie de mesures disciplinaires mise en place ne fait plus peur à
personne. Une amende pour vente conditionnée ou dépassement du prix ?
Et alors, ce que gagne le commerçant sur le dos du client est très suffisant
pour régler les amendes et pénalités ! Et que l’on ne parle pas de
concurrence, car il semble que dans certains quartiers, on se soit donné le mot
pour appliquer partout ces pratiques au détriment du consommateur qui passe
pour le dindon de la farce. On peut bien se passer d’un café hors-la-loi,
mais si la majorité de ses voisins font de même et que celui qui respecte ses
clients (sur le plan tarifaire) présente un mauvais service, le client se
trouve devant le plus classique des dilemmes : à prendre ou à laisser. Et il
en prend plein la gueule … et dans la poche !

 


R.B.H.