IDE : La balle est dans le camp des financiers

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La balle est dans le camp des financiers

 

Le gouverneur de
la Banque centrale vient de créer l’événement en mettant à nu la médiocrité
de la contribution du secteur financier dans le secteur privé, à l’occasion
d’un forum organisé par notre confrère L’Economiste Maghrébin qui mettait en
débat l’art et la manière d’attirer une nouvelle génération
d’investissements étrangers. Il faut dire que le timing de notre confrère ne
pouvait pas être plus opportun pour mettre sur la table les sacro-saints IDE
(investissements directs étrangers), alors que la Tunisie se mobilise pour
faire face à une conjoncture internationale qui devient chaque jour plus
délicate.

Un silence passablement surpris s’empara de l’auditoire composé de dizaines
de patrons parmi la crème du secteur privé quand le Gardien du Temple, non
sans sa sérénité habituelle, s’attaqua directement aux financiers.
Reconnaissant que la part du marché financier dans le financement du secteur
privé ne représente que 5%, il fait à tous la promesse formelle que le
secteur financier sera davantage sollicité pour mobiliser des flux d’IDE et
de portefeuille et qu’une nouvelle dynamique sera revendiquée de la Bourse
et du marché des capitaux pour augmenter leur part dans le financement de
l’entreprise privée. Le gouverneur va même jusqu’à quantifier le niveau
attendu de cette participation : ce sera au moins 20% à l’horizon 2009. Une
ambitieuse multiplication par 4 qui mettra non seulement tous ces acteurs
mais également les pouvoirs publics sur la brèche.

Les arguments du Gardien du Temple ont manifestement poursuivi le but de
convaincre qu’il s’agissait d’un pari pascalien (rien à perdre, tout à
gagner) pour les parties en lice, vu l’engagement particulier des pouvoirs
publics dans ce chapitre. Son raisonnement, c’est que l’accélération du
programme de privatisation des entreprises à fort potentiel aura pour
conséquence de dynamiser la Bourse. Et, de cause à effet, l’augmentation
significative de la capitalisation boursière aura des effets positifs sur
l’attraction des IDE.

Le reste de la responsabilité incombe évidemment au trio secteur
financier/Bourse/marché des capitaux qui devront se comporter comme leurs
homologues dans le monde : de la créativité et de l’audace !

 

Maryam OMAR

 

09 – 05 – 2005 ::
09:00

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