Bave d’escargot : du Salon de l’Agriculture au salon de beauté

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écialisée dans les peaux matures, le 19 février 2015 à Fouras (Photo : Xavier Leoty)

[21/02/2015 12:29:12] La Rochelle (AFP) Comment bénéficier des vertus anti-rides de la bave d’escargot sans s’appliquer sur le visage des gastéropodes dégoulinants, comme c’est la mode dans certains pays asiatiques?

En mettant le mucus frais directement dans des tubes de crème, répond Emmanuelle Taulet, qui a lancé sa ligne de cosmétiques à La Rochelle dès 2011.

La bave d’escargot est au coeur des produits commercialisés sous la marque “Jeanne M”, du nom de sa grand-mère qui a donné l’idée à la jeune entrepreneuse de se lancer dans ce secteur des “cosmétiques sexygénaires”. “Elle s’étonnait que l’on vende des crèmes antirides à des personnes déjà ridées”, sourit la trentenaire, interrogée par l’AFP.

“10% Helix aspersa, 100% made in France”, s’enorgueillit sa gamme de produits de beauté “Hélix’ir”, en référence au nom scientifique de l’escargot petit-gris (Helix aspersa aspersa), qui se décline en différents soins pour le visage, les mains ou le corps.

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éan à Fouras le 19 février 2015 (Photo : XAVIER LEOTY)

“Les bienfaits de la bave d’escargot sont connus depuis longtemps”, assure Emmanuelle Taulet. “Les femmes mapuches (communauté aborigène du Chili et d’Argentine) l’utilisent depuis des siècles. Elle contient de l’allantoïne, de l’élastine, du collagène et de la vitamine D qui sont très bons pour la peau, surtout si elle n’est pas chauffée ou lyophilisée ou traitée aux rayons gamma”, explique-t-elle.

– 50 nuances de petit-gris –

La chef d’entreprise, dont l’intégralité de la chaîne de production est concentrée en Charente-Maritime, n’a recours à aucun de ces procédés, qui seraient, selon elle, très répandus dans le monde des crèmes de beauté. Au contraire, elle se procure sa matière première auprès d’un producteur de petits-gris de Charente-Maritime qui sait récupérer la bave d’escargot, sans stresser ni blesser l’animal, pour conserver toutes les nuances du principe actif.

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à Fouras le 19 février 2015 (Photo : Xavier Leoty)

“Il est le seul au monde à maîtriser le procédé, qui est breveté et gardé secret”, assure Emmanuelle Taulet. “Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’appuie sur une de leurs fonctions vitales pour les faire baver et sur un système à lui pour récupérer la sécrétion à l’état liquide avant de les replacer dans leur pré.”

“Dans d’autres pays, les escargots sont électrifiés pour les faire baver”, souligne Emmanuelle Taulet, aussi soucieuse de l’efficacité de ses lotions (10% de principe actif) que du bien-être de ses petits protégés: elle respecte ainsi les cycles de vie des escargots qui hibernent en ce moment.

En Vendée voisine, la maison Royer, qui élève des gastéropodes destinés à la consommation depuis 1989, a elle aussi décidé de surfer sur la vague de la bave d’escargot. Et elle sera présente pour la première fois au Salon international de l’agriculture, qui ouvre ses portes à Paris à partir de samedi, pour y présenter en avant-première ses produits de beauté.

Le stand Royer proposera donc du lait anti-vergetures ou de la crème réparatrice pour les pieds à 30% de bave d’escargot bio, aux côtés d’escargots farcis ou au court-bouillon.

Emmanuelle Taulet, elle, se contente pour l’instant des salons du bien-être pour promouvoir ses cosmétiques.