Plans sociaux dans l’agroalimentaire : la colère monte en Bretagne

a8501d2d6997ce8e02c54010d3e1bf15e54f1c19.jpg
usine de Lampaul-Guimiliau (Photo : Fred Tanneau)

[14/10/2013 10:15:47] Brest (AFP) Après le séisme provoqué par la suppression de près de 900 emplois à l’abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère), les salariés de plusieurs entreprises agroalimentaires visées ces derniers mois par des plans sociaux se sont mobilisées lundi à Brest pour défendre leur secteur en pleine détresse.

Lundi matin, quelque 300 salariés de l’agroalimentaire breton bloquaient l’aéroport de Brest, symbole de l’économie en Bretagne, pour protester contre les lourds plans sociaux frappant leur secteur, à l’appel des syndicats CGT et FO des entreprises Doux et Tilly-Sabco (volaille), Marine Harvest (poisson) et Gad (abattage et découpe de porc).

Les manifestants ont d’abord bloqué un rond-point à l’entrée de l’aéroport, avant de se diriger vers le tarmac. Deux vols pour Paris au départ de Brest ont été annulés, ainsi qu’un vol en provenance de la capitale, selon le site internet de l’aéroport de Brest. A l’aéroport, les manifestants se sont couchés sur le tarmac en silence pendant quelques instants avant des prises de parole des délégués syndicaux.

9c8f418d61b2087f07d9ad3f2c7629f35a021b4b.jpg
ésentants des salariés de Doux rassemblés le 19 juillet 2013 à Quimper (Photo : Fred Tanneau)

“C’est toute la Bretagne qui souffre et particulièrement le Finistère”, a estimé Nadine Hourmant déléguée FO du groupe Doux, qui s’est séparé de son pôle frais à l’automne dernier au prix de la liquidation d’un millier d’emplois. “Il n’y a pas que nous qui souffrons, il y a également beaucoup de petites boites”, a-t-elle ajouté.

De son côté, Olivier Le Bras (FO) représentant syndical chez Gad, a assuré: “il y a deux ans déjà nous avons alerté les politiques de droite et de gauche quels qu’ils soient sur l’ampleur et le tsunami social qui allait nous arriver car c’est un vrai tsunami social qui va arriver… il n’y a qu’une solution pour nous, c’est de se réunir se renforcer et entrer en lutte”.

Une quarantaine de salariés de la société d’abattage de porcs Gad SAS, où 889 emplois seront supprimés après l’annonce vendredi de la fermeture de l’abattoir de Lampaul-Guimiliau (Finistère), figuraient dans les rangs des manifestants.

“Sonner le tocsin”

Depuis quinze mois dans la région, les mauvaises nouvelles ont frappé l’agroalimentaire, un secteur qui représente avec l’agriculture environ un tiers des emplois en Bretagne.

Outre les salariés présents à l’aéroport lundi, quelque 200 autres salariés bloquaient dans le même temps, un rond-point à Landivisiau, près de l’entreprise Gad, selon FO. Quelques élus locaux participaient également à la manifestation à l’aéroport, a constaté l’AFP.

Les salariés du groupe volailler Doux portaient des affiches proclamant “Sauvez nos emplois et l’industrie” ou “Sauvez la filière avicole export”. Ceux du volailler Tilly-Sabco, qui a annoncé récemment devoir réduire sa production de 40%, brandissaient de leur côté des pancartes “Nous voulons vivre”, sous un drapeau de la Bretagne.

“C’est réellement une hécatombe qui est en train de se produire en Bretagne”, a affirmé à l’AFP Corinne Nicole, porte-parole de la CGT du groupe volailler Tilly-Sabco. Elle a par ailleurs assuré qu’il fallait s’attendre au total à la suppression de 8.000 postes avec les emplois induits, en plus des réductions d’effectifs dans les quatre entreprises agroalimentaires, situées dans un rayon de 50 km.

8ba066d1ab7c651c7d7d401d5b8110878252c9ab.jpg
usine, le 10 octobre 2013

“La Bretagne est en train de s’effondrer”, a assuré Nadine Hourmant avant d’ajouter: “nous sommes cassés par nos emplois et pourtant on veut les garder parce qu’on a rien d’autre”.

Samedi dernier, ce sont les acteurs économiques et agricoles de la Bretagne qui ont manifesté contre l’écotaxe qui doit entrer en vigueur au 1er janvier prochain, occasionnant de grosses perturbations routières dans la pointe bretonne.

La mobilisation continuera mercredi, avec Produit en Bretagne (PeB), qui regroupe quelque 300 entreprises et plus de 100.000 salariés, ainsi que l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires (Abea) qui appellent leurs membres à “sonner le tocsin” en faisant résonner leurs alarmes incendie sur les lieux de travail, pour alerter sur la gravité de la situation.