L’UIMM, patronat de la métallurgie, mis en examen pour “travail dissimulé”

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ésident délégué général de l’UIMM (Union des Industries Métallurgiques et Minières) le 28 juillet 1998 à Paris, (Photo : Pierre Verdy)

[13/09/2010 17:03:16] PARIS (AFP) L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM, le patronat de la métallurgie), soupçonnée d’avoir versé des primes non déclarées à des salariés entre 2004 et 2007, a été mise en examen lundi pour “travail dissimulé”, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Le juge d’instruction du pôle financier du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, Roger Le Loire, a mis en examen l’organisation patronale en tant que personne morale pour “travail dissimulé”, selon ces sources.

L’UIMM avait déjà été mise en examen en octobre 2008 en tant que personne morale pour subornation, soupçonnée d’avoir voulu acheter le silence de l’ancien dirigeant de l’organisation patronale, Denis Gautier-Sauvagnac, sur les bénéficiaires des retraits suspects en liquide de ses caisses entre 2000 et 2007.

Elle a vu son statut requalifié en novembre 2009 en témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de mis en examen et celui de simple témoin.

Déjà mis en examen en 2007, M. Gautier-Sauvagnac a par ailleurs été une nouvelle fois entendu lundi après-midi sur le fond du dossier par le juge, selon plusieurs sources proches du dossier.

Depuis la révélation de l’existence présumée de retraits destinés à des syndicats et partis en septembre 2007, Denis Gautier-Sauvagnac s’est toujours refusé à livrer à la justice les noms des bénéficiaires des retraits suspects.

L’enquête du juge Le Loire, consacrée à un éventuel financement occulte de syndicats par une caisse noire de l’UIMM, a été élargie en avril 2010 à des faits présumés de travail dissimulé.

Au cours de leurs investigations, les policiers de la Brigade financière avait découvert que des membres du personnel de l’UIMM (femmes de ménages, employés du restaurant interne de l’UIMM) avaient été rémunérés au noir pendant plusieurs années pour un montant total d’environ 400.000 euros.

La nouvelle direction de l’UIMM a depuis assuré que le versement de ces primes avait cessé et a procédé “à la régularisation des sommes dues au titre de ces primes auprès des organismes sociaux et des services fiscaux”, a-t-on expliqué dans son entourage.

De même, l’UIMM affirme avoir “transmis spontanément à la justice tous les éléments relatifs à cette situation”, a-t-on ajouté.

Quelque 16,5 millions d’euros ont été retirés en espèces des caisses de l’organisation patronale entre 2000 et 2007 sous l’autorité de “DGS”, qui a été mis en examen, notamment pour abus de confiance.

Les enquêteurs soupçonnent que ces fonds aient servi au financement de syndicats, voire de partis et hommes politiques.