OMC : un accord est “faisable” sur le cycle de Doha, selon Pascal Lamy

 
 
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Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy, le 1er mars 2008 à Pretoria (Photo : Alexander Joe)

[01/03/2008 19:36:19] PRETORIA (AFP) Le directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) Pascal Lamy a estimé samedi à Pretoria qu’un accord sur la libéralisation des échanges pouvait être conclu d’ici la fin de l’année, bien que le négociateur européen ait évoqué un “grand risque d’échec”.

“Il y a davantage de choses sur la table que l’année dernière”, a-t-il assuré lors d’un entretien avec l’AFP, après une rencontre avec le président sud-africain Thabo Mbeki.

“Nous nous rapprochons de la fin de partie. Je ne peux pas dire si ce sera un succès ou un échec, mais c’est faisable”, a-t-il poursuivi.

Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson avait déclaré vendredi craindre “que Doha ne soit confronté à un grand risque d’échec – le premier échec de l’Histoire dans un cycle de négociations commerciales multilatérales”.

“La notion de la distance qu’il reste à parcourir avant la fin est manipulée tactiquement par chaque négociateur en fonction des cartes qu’il a en main”, a réagi Pascal Lamy.

“Nous sommes à un tournant. Il est normal que les négociateurs intelligents prennent ce genre de position”, a-t-il noté. “Il n’est pas surprenant que les positions se raidissent”.

Le cycle de Doha, visant à la libéralisation des échanges commerciaux, a été lancé en 2001 dans la capitale du Qatar. Plombé par un différend Nord-Sud, il aurait dû être bouclé fin 2004, mais l’OMC vise désormais un accord pour la fin de 2008 entre ses 151 pays membres.

Les négociations opposent les pays en développement qui dénoncent les subventions agricoles des pays riches, à ces derniers qui réclament une baisse des barrières douanières pour les produits industriels et les services.

Les médiateurs chargés des groupes de négociation à l’OMC ont publié récemment trois nouveaux textes de négociations pour l’agriculture, les produits industriels et les services.

Pascal Lamy, comparant les négociations à un avion cargo, a assuré que “pour l’agriculture, on sait désormais sur quelle voie atterrir. C’est un peu plus risqué sur l’industrie (…) et beaucoup plus complexe pour les services”.

L’accord révisé sur l’agriculture, qui reprend des propositions du G20, a été bien accueilli par les pays émergents, mais rejeté par plusieurs pays de l’Union européenne qui ne veulent pas faire davantage de concessions.

Le deuxième texte, qui appelle une trentaine de pays émergents à ramener dans une fourchette de 19 à 23% leurs droits de douanes sur les produits industriels, a fait l’unanimité contre lui.

Quant au médiateur chargé des services, il a dû reconnaître la persistance “d’importantes divergences” et laissé en blanc la date à laquelle les participants doivent remettre leurs offres révisées, faute de consensus sur ce point.

 01/03/2008 19:36:19 – © 2008 AFP