Eurostar veut devenir neutre en CO2 en novembre et réduire ses émissions

 
 
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Un TGV Eurostar à la gare de Waterloo à Londres en août 2005 (Photo : John McHugh)

[17/04/2007 05:34:37] LONDRES (AFP) Eurostar, le train à grande vitesse qui relie la France et la Belgique à la Grande-Bretagne, a dévoilé mardi un programme “Voyage Vert” visant à réduire des émissions de CO2 de 25% par trajet et par voyageur d’ici 2012, tout en rendant ses voyages neutres en CO2 dès novembre.

L’entreprise a l’intention d’investir dans des projets de compensation de ses émissions pour que ses trajets soient neutres en CO2. Elle va collaborer avec plusieurs organismes de protection de l’environnement, “sans coût supplémentaire pour ses clients”, a-t-elle insisté, soulignant sa différence avec les compagnies aériennes ou de tourisme équitable qui invitent leur clientèle à une contribution financière volontaire.

Elle a remarqué que “l’impact en terme de CO2 d’un voyage en train entre Paris ou Bruxelles et Londres est déjà 10 fois moindre qu’un voyage équivalent en avion”.

La neutralité devrait être effective à partir du 14 novembre, date de début des opérations à la nouvelle gare londonienne de Saint Pancras et d’entrée en service du dernier tronçon à grande vitesse, à la sortie de Londres.

Eurostar a par ailleurs l’intention de réduire ses émissions de 25% par voyageur et par trajet d’ici à 2012, grâce à “la diminution de la consommation électrique de son matériel roulant, une meilleure utilisation de la capacité des trains, et l’optimisation de la qualité d’électricité utilisée”.

La compagnie va notamment installer des compteurs d’énergie sur les trains pour aider les conducteurs à conduire de manière plus économique, mettre en place de nouveaux contrôles pour l’éclairage, le chauffage et la climatisation, et prendre en compte les problèmes d’efficacité énergétique lors de la rénovation des trains à mi-vie.

Le programme “Voyage Vert” comprend aussi un plan d’action visant à minimiser l’impact environnemental de l’Eurostar.

Il prévoit une réduction de l’utilisation de papier via le billet électronique, et le tri ou le recyclage de tout ce qui est utilisé ou produit à bord : nourriture, vaisselle, éléments réfrigérants, uniformes, et même le recyclage de l’eau de nettoyage des trains.

La nourriture sera autant que possible fournie par des producteurs français, britanniques et belges, et issue de l’agriculture biologique.

“Le public est de plus en plus concerné par l’environnement et chaque entreprise doit prendre ses responsabilités. L’initiative d’Eurostar prend place à un moment où se développe la prise de conscience face au réchauffement climatique, notamment en Grande-Bretagne où la pression est forte”, a déclaré à l’AFP déclaré Guillaume Pépy, président d’Eurostar et directeur général de la SNCF.

Il a comparé le programme à celui adopté récemment par la chaîne de distribution Marks and Spencer au Royaume-Uni.

“On va mettre en conformité avec la réalité l’image de plus grande propreté du train par rapport à d’autres transports”, a-t-il dit.

Il ne s’est pas engagé sur une future adoption d’un tel programme par la SNCF. Il a néanmoins laissé entendre que celle-ci bénéficierait des principes écologiques ainsi développés même si, avec 87% d’électricité utilisée provenant du nucléaire, la question des émissions de CO2 était moins d’actualité pour la compagnie française qu’au Royaume-Uni où l’énergie vient essentiellement des hydrocarbures et du charbon.

Eurostar a par ailleurs annoncé mardi une hausse de 5,4% du nombre de ses voyageurs au premier trimestre par rapport au premier trimestre 2006, à 1,79 million, et une hausse de 13,2% de son chiffre d’affaires à 142 millions de livres (208 millions d’euros).

 17/04/2007 05:34:37 – © 2007 AFP