De l’ENIT à l’ELIT

 

laatiri230.jpgOn ne
pouvait rêver meilleur timing entre le moment où l’ATUGE (Association des
Tunisiens des Grandes écoles) honorait ceux qui ont construit l’indépendance
et –malheureusement- le décès de l’un des plus brillants enfants de ce pays.
Car Si Mokhtar Laatiri est exceptionnellement brillant et surtout un super
nationaliste à une époque où «il fallait partir de rien pour arriver à tout
et construire un pays avec de la poussière d’individus», le challenge
paraissait insurmontable et l’inconscience de mise. 

Malgré quelques erreurs de casting dans la présentation de l’Atuge –il a
notamment oublié l’un des gardiens du temple des eaux, Mr Robert Scemmama,
centralien de son état qui gardait les clés de la maison en voyant arriver
les premiers diplômés tunisiens–, on peut considérer que nos jeunes atugéeens ne sont pas ingrats envers leurs aînés. Car, et on ne le
rappellera jamais assez, toute la stratégie économique de la Tunisie a été
bâtie sur la formation de son peuple et son éducation -même si ces temps-ci
cette dernière bat de l’aile … 

Revenons à Si Moktar qui a eu plein d’audaces, dont notamment celles de
créer une école d’ingénieurs avec un appui russe et des cadres européens et
indigènes. Ce qui fait que la première génération d’ingénieurs a
actuellement plus de 30 années d’expérience- et que, le tabou brisé, les
ENIS, ENIG naquirent. Actuellement, on peut considérer qu’il y a une
tradition de formation d’ingénieurs en Tunisie, bien qu’il ne faille pas
oublier que la première école d’ingénieurs fut créée avant 1900 (mais
c’était pour former des cadres agricoles français pour mieux exploiter le
pays). 

Son
enfant, l’ENIT comme il aimait si bien l’appeler, a formé bien des élites.
Alors, pour la pérennisation du nom de son fondateur, pourquoi ne pas la
rebaptiser ECOLE LATIRI DES INGENIEURS DE TUNIS, devenant ELIT, cette
dénomination pourra peut-être satisfaire cet éternel insatisfait qu’il a
toujours été et à qui je dis :’’paix à ton âme’’. 

Réfléchissez chers amis, car cette école pourra être le panthéon de la
reconnaissance de la patrie aux grands hommes qui l’ont faite.