A la suite des différents accords économiques d’association, de partenariat, de voisinage, de libre-échange…, conclus avec l’Union européenne pendant la dernière décennie, les échanges commerciaux entre la Tunisie et la France se situent à plus de 7 millions d’euros par an, dépassant ainsi les relations marchandes de l’hexagone avec des pays comme le Brésil, l’Inde ou la Corée du Sud, pourtant des pays émergents, dynamiques, compétitifs, au cœur de l’ordre capitaliste international.
Il est à noter que la balance commerciale est excédentaire en faveur de la Tunisie pour la 5ème fois consécutive.
Au fait, les financements français, concessionnels ou non, sont largement mobilisés pour soutenir les grands projets tunisiens dans le domaine des infrastructures de l’eau, du nucléaire civil et des transports urbains et ferroviaires. Et pour s’inscrire dans la durée, les deux parties misent sur l’éducation, l’innovation et la formation professionnelle dont l’autorité de tutelle, en Tunisie, vient de recevoir des subventions de l’ordre de 40 millions d’euros dans le cadre de ‘’l'Accord de gestion concertée des migrations et de développement solidaire’’.
Des universités aux cursus croisés, des visions politiques le plus souvent convergentes et des populations de plus en plus mêlées -600.000 Tunisiens vivent en France, 10.000 jeunes y poursuivent leurs études, 80.000 visas délivrés chaque année et 20.000 Français et binationaux résident en Tunisie- sont autant d’indices, nous dit-on au service économique de l’ambassade de France, d’une volonté commune de progresser ensemble, d’être plus fort dans l’adversité et de penser le monde des années 2050, la main dans la main, dès aujourd’hui, afin de construire, sereinement, les événements de demain et non pas les subir fatalement. La récente dérive de la sphère financière est un appel à la veille constante. Car il y a eu un délire du marché comme il est un délire de la foule.
Un partage d’expérience salutaire
Si plus de 1.000 PME françaises (la millième entreprise a été célébrée en 2001) sont installées en Tunisie dont 900 exportatrices, dans le même temps, près de 2.500 entrepreneurs tunisiens, spécialisés dans l’agroalimentaire, le bâtiment et les nouvelles technologies de l’information, sont actifs en Ile de France.
Pour accompagner ce formidable potentiel de ressources humaines de part et d’autre de la Méditerranée et mutualiser encore davantage les intérêts des deux pays, Paris a récemment mis sur place une ligne de crédit de 40 millions d’euros pour l’achat de produits français par des PME tunisiennes exportatrices. Il s’agit d’une politique concertée, fondée sur l’intégration dans l’espace euro-méditerranéen, le respect des équilibres sociaux et économiques de la région et le renforcement de la résilience des opérateurs économiques face à un capitalisme financier international qui défaille par l’attribution de crédits à des insolvables.
D’ailleurs, au moment où les marchés de capitaux deviennent de plus en plus incertains et les financements internationaux en berne, la Tunisie, grâce à son arrimage aux indicateurs de la performance de l’économie de l’Union européenne, à la compétitivité de son tissu industriel et au soutien de la France, continue d’être le premier bénéficiaire au monde des prêts de l’Agence française de développement, tout en maintenant son rang concernant les flux financiers communautaires.
Pour le couple franco-tunisien, nous dit M. Hamadi Ben Sédrine, vice-président de l’UTICA, la priorité est au renforcement de la cohérence régionale, à la maîtrise des délais et des coûts de production, facteur de performance décisif, à l’émergence d’une mondialisation mieux équilibrée, plus multilatérale et à l’approfondissement du maillage capitalistique et humain des deux rives de la Méditerranée.
Finalement, l’association de la Tunisie au plan solaire méditerranéen, à l’interconnexion des réseaux électriques, aux projets d’autoroutes de la mer et au développement de nouvelles infrastructures de transport témoignent de la volonté des élites politiques et économiques du pays d’être au rendez-vous, en 2010, dans la perspective de l’installation de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne.
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