Si le premier jour du mois saint tombe demain mercredi, nous sommes donc à la veille de Ramadan. Et jusqu’en ce moment où nous publions, rien n’a filtré sur le Festival de la Médina : ni conférence de presse, ni annonce du programme (si programme il y a) ni rien de tel. Le flou est total. Pourquoi ?... Jusqu’ici, personne ne le sait.
Mais il y a une petite rumeur qui circule entre journalistes : il semble qu’il y ait eu discorde au sein de la nouvelle direction du Festival de la Médina, raison pour laquelle il n’y aurait pas eu désignation d’un attaché de presse ni bonne organisation.
En fait, nous avons du mal à penser que le Festival de la Médina ne puisse avoir lieu. Oui mais, où, quand, qui ? Y a-t-il un soupçon de programme ? Si oui, comment le public le saura ? Comment le saurons-nous nous-mêmes ? Ou bien, faudrait-il penser que le Festival, cette année, serait la chasse gardée d’un public restreint, donc sur invitations personnelles ? Dans tous les cas de figure, le flou y est. Et est total.
Et puisque nous n’avons aucune réponse plausible, on va, mais c’est plus fort que nous, s’en tenir à la petite rumeur. Et on va tout simplement supposer qu’elle est réelle. Auquel cas, ça se discute.
Il semble donc que les responsables du Festival de la Médina se soient chamaillés entre eux. Si c’est le cas, c’est leur problème, pas celui des Tunisiens. Quels que soient ces hommes qui ‘‘veillent’’ à l’organisation du Festival, ils doivent savoir que le Festival de la Médina ne leur appartient même pas, il est LE FESTIVAL DE TOUS LES TUNISIENS, PAS LE LEUR PROPRE ! Le Festival de la Médina est très vieux, il est ancré dans la culture des Tunisiens, par conséquent on ne badine pas avec la culture d’un peuple. Les discordes et les chamailleries doivent rester des querelles de clocher, une cuisine interne, cela ne doit en aucun cas rejaillir sur une manifestation qui, jusqu’à l’an dernier, avait son aura, son prestige, sa valeur artistique et culturelle. Mais s’il arrive vraiment qu’une manifestation de l’envergure du Festival de la Médina soit devenue à la merci d’un malentendu entre responsables, c’est que, tout simplement, ces derniers ne sont pas mûrs et responsables, et que la manifestation est en passe d’agoniser, elle risque de ne plus compter du tout aux yeux de ses publics.
A dire vrai, ce qui est pénible dans tout cela, ce n’est pas le fait que ce mois saint puisse ne pas avoir son Festival (les femmes peuvent toujours se rabattre sur la télévision, et les hommes, sur les cafés), mais que la chose culturelle dans notre pays soit devenue un jeu d’enfants et un simple bavardage.
Et alors ? Il y aura Festival de la Médina ou non ?