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    Tunisie - MENA : Les défis de l’après-reprise selon la Banque mondiale (1)

  • Synthèse par Moncef MAHROUG

  • Lentement mais sûrement, les pays de la région MENA (Middle East North Africa) sont en train de sortir de la crise qui les a affectés différemment et à des degrés divers. La Banque mondiale le confirme dans un récent rapport intitulé «La reprise en cours» (Recovery Underway). Mais outre qu’il reste fragile, ce processus met les pays concernés en face de quatre défis qu’ils doivent relever : partager la croissance, garantir un accès au financement sans compromettre la stabilité financière, aller vers des «arrangements intérieurs et régionaux», et l’impératif d’améliorer la compétitivité des entreprises de la région MENA.

    Premier défi, «la croissance partagée (qui) demeure insaisissable». En particulier, souligne le rapport, «les niveaux de vie dans la région MENA ont presque stagné dans la mesure où la croissance économique exprimée par tête a été faible comparativement avec d’autres régions en développement». En conséquence, même le taux de chômage a baissé à 11% au cours des cinq dernières années, «le taux de chômage des jeunes gens entre 15-24 ans dépasse les 25% -le double de la moyenne mondiale». Ces taux de chômage élevés, la faible participation de la force de travail, spécialement pour les femmes, et l’informalité se traduisent par «un des taux d’emploi formel les plus faibles au monde», puisque «moins de la moitié de la population adulte est employée formellement».

    Enfin, l’investissement privé n’a pas augmenté proportionnellement à l’accélération de la réforme «malgré le passage dans de nombreux pays à partir d’un modèle de croissance tirée par l’Etat à un autre reposant davantage sur le secteur privé».

    Au total, tous ces facteurs sont «une cause d’inquiétude, mais démontrent que le potentiel de croissance de MENA pourrait être plus élevé que lors des deux dernières décennies, à condition que les pays de la région s’attaquent aux principaux obstacles à une croissance partagée et durable».

    Le deuxième défi pour ces pays consiste à garantir un accès des entreprises au financement qui était déjà problématique avant la crise «en dépit du fait que beaucoup de pays ont de larges secteurs bancaires». De fait, la région MENA est à la traîne dans de nombreux domaines parmi lesquels «le crédit, le nombre de comptes de dépôt par tête, la couverture par la micro-finance, etc.». D’ailleurs, le pourcentage d’entreprises de la région considérant le financement comme un obstacle majeur à la croissance de leurs activités est plus élevé que dans toute autre région à l’exception de l’Afrique sub-saharienne. Et la situation est, d’après le rapport de la Banque mondiale, «pire dans les pays en développement exportateurs de pétrole qui ont des secteurs financiers dominés par l’Etat».

    Mais en plus de la question de l’accès, les gouvernements de la région MENA vont devoir affronter celle de la stabilité financière, la crise ayant «révélé l’échec du Pilier 3 de Bâle II sur la divulgation et la discipline de marché, y compris dans des pays avancés comme les Etats-Unis».

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