© webmanagercenter.com - 26 Mai 2010 07:28:00
Tunisie - MENA : Les défis de l’après-reprise selon la Banque mondiale (1)
- Synthèse par Moncef MAHROUG
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Lentement mais sûrement, les pays de la région
MENA (Middle East North Africa)
sont en train de sortir de la crise qui les a affectés différemment et à des
degrés divers.
La Banque mondiale le confirme dans un récent rapport
intitulé «La reprise en cours» (Recovery Underway). Mais outre qu’il reste
fragile, ce processus met les pays concernés en face de quatre défis qu’ils
doivent relever : partager la croissance, garantir un accès au financement
sans compromettre la stabilité financière, aller vers des «arrangements
intérieurs et régionaux», et l’impératif d’améliorer la compétitivité des
entreprises de la région MENA.
Premier défi, «la croissance partagée (qui) demeure insaisissable». En
particulier, souligne le rapport, «les niveaux de vie dans la région MENA
ont presque stagné dans la mesure où la croissance économique exprimée par
tête a été faible comparativement avec d’autres régions en développement».
En conséquence, même le taux de chômage a baissé à 11% au cours des cinq
dernières années, «le taux de chômage des jeunes gens entre 15-24 ans
dépasse les 25% -le double de la moyenne mondiale». Ces taux de chômage
élevés, la faible participation de la force de travail, spécialement pour
les femmes, et l’informalité se traduisent par «un des taux d’emploi formel
les plus faibles au monde», puisque «moins de la moitié de la population
adulte est employée formellement».
Enfin, l’investissement privé n’a pas augmenté proportionnellement à
l’accélération de la réforme «malgré le passage dans de nombreux pays à
partir d’un modèle de croissance tirée par l’Etat à un autre reposant
davantage sur le secteur privé».
Au total, tous ces facteurs sont «une cause d’inquiétude, mais démontrent
que le potentiel de croissance de MENA pourrait être plus élevé que lors des
deux dernières décennies, à condition que les pays de la région s’attaquent
aux principaux obstacles à une croissance partagée et durable».
Le deuxième défi pour ces pays consiste à garantir un accès des entreprises
au financement qui était déjà problématique avant la crise «en dépit du fait
que beaucoup de pays ont de larges secteurs bancaires». De fait, la région
MENA est à la traîne dans de nombreux domaines parmi lesquels «le crédit, le
nombre de comptes de dépôt par tête, la couverture par la micro-finance,
etc.». D’ailleurs, le pourcentage d’entreprises de la région considérant le
financement comme un obstacle majeur à la croissance de leurs activités est
plus élevé que dans toute autre région à l’exception de
l’Afrique
sub-saharienne. Et la situation est, d’après le rapport de la Banque
mondiale, «pire dans les pays en développement exportateurs de pétrole qui
ont des secteurs financiers dominés par l’Etat».
Mais en plus de la question de l’accès, les gouvernements de la région MENA
vont devoir affronter celle de la stabilité financière, la crise ayant
«révélé l’échec du Pilier 3 de Bâle II sur la divulgation et la discipline
de marché, y compris dans des pays avancés comme les Etats-Unis».
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