© webmanagercenter.com - 14 Avril 2010 05:19:00
Sport - Les TV arabes seront-elles privées de la Coupe du monde de football?
- Envoyé spécial à Paris, Moncef MAHROUG
- La FIFA ne ferme pas la porte à une éventuelle reprise des relations avec les instances régionales, comme
l’ASBU, mais refuse de négocier la cession des droits de la
Coupe du monde dans l’urgence.
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A
moins de deux mois de la phase finale de la Coupe du monde de football 2010, le
monde arabe reste –à l’exception de l’Algérie et de l’Egypte qui ont acquis les
droits pour une transmission terrestre- la seule région au monde qui risque fort
bien d’être privée d’images de cette compétition. Bien qu’il ne reste plus
beaucoup de temps pour trouver un éventuel accord avec le détenteur des droits
de diffusion –en l’occurrence la chaîne Al Jazeera, qui a payé près de 2,6
milliards de dollars pour les racheter ainsi que le bouquet sportif d’Arab Radio
and Television (A.R.T.)- et que le fossé séparant les positions de cet opérateur
de celles des pays arabes, M. Slaheddine Maaoui, directeur général de l’ASBU (Arab
States Broadcasting Union) ne baisse pas les bras. En effet, le patron de cette
organisation a profité de l’opportunité offerte par les organisateurs de la COPEAM
(Conférence Permanente de l'Audiovisuel Méditerranéen (COPEAM, Paris,
8-11 avril 2010) pour repartir à l’attaque dans l’espoir d’ouvrir une brèche.
Prenant la parole en premier, M. Niclas Ericson, directeur de FIFA et
responsable de la commercialisation des droits de diffusions des différentes
manifestations, rappelle que son organisation a fait le choix en 2005 de
discuter directement de cette question avec les diffuseurs, dont l’African Union
of Broadcasting (AUB). Mais la FIFA, qui a réservé un traitement de faveur à
cette organisation, reconnaît l’existence d’une «situation compliquée» avec l’ASBU.
«L’ASBU n’a pas bénéficié de la même générosité de la part de la FIFA», reproche
M. Maaoui. Qui s’insurge contre le fait que «la région arabe est la seule au
monde privée d’accès» à la Coupe du monde. Une situation imputée à la décision
de la FIFA de céder les droits de cette manifestation à des sociétés privées et
l’«afflux massif de l’argent arabe dans le sport et qui a déclenché une
surenchère loin des nobles principes» de cette discipline.
Un changement dont les chiffres illustrent les retombées néfastes pour les pays
arabes. «Le monde arabe a acheté les droits de diffusion de la Coupe du monde
1990 en Italie pour 2,6 millions de dollars. En 2006, nous avons échoué à avoir
les droits (de l’édition qui s’est déroulée en Allemagne, ndlr) malgré une offre
à 100 millions de dollars», regrette le directeur général de l’ASBU.
Aujourd’hui, à un mois et demi de l’édition sud-africaine «la situation est
bloquée : les fédérations et les opérateurs privés campent sur leurs positions»,
constate M. Maaoui. Mais le patron des diffuseurs arabes ne veut pas se résigner
et baisser les bras. Il propose de créer «des lobbies pour exercer des
pressions», notamment sur la FIFA, pour que «les fédérations sportives puissent
reprendre les droits et les céder aux unions régionales», comme l’ASBU.
La FIFA ne ferme pas la porte à une éventuelle reprise des relations avec ces
instances mais refuse de négocier la cession des droits de la Coupe du monde.
«Nous avons besoin de planifier et de ne pas attendre la veille d’un évènement»
pour négocier ses droits, affirme Niclas Ericson, directeur de FIFA TV.
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