© webmanagercenter.com - 06 Avril 2010 05:24:00
- Tunisie - Santé : Le tabac tue chaque année plus de 8.500
personnes
- Par Amel Belhadj Ali
Depuis le démarrage effectif de l’interdiction de l’usage du tabac dans les
lieux publics et l’augmentation des prix, on a enregistré une régression de 4%
dans les ventes du
tabac toutes catégories confondues. Cette mesure marque le
démarrage effectif de la lutte contre des maladies telles le cancer, les
pathologies respiratoires et autres cardiovasculaires et qui pèsent lourd sur le
budget du ministère de la santé et du contribuable. A titre d’exemple rien que
les traitements en chimiothérapie pour les états cancéreux coûtent à la
communauté 122 millions de dinars par an dont 82 millions de dinars couverts par
la
CNAM.
Le tabac tue et de différentes manières, le tabac peut ausi causer la stérilité
chez la femme et peut être à l’origine de cas d’impuissance sexuelle chez les
hommes. Dans notre pays les chiffres sont mitigés mais près de 7.000 hommes
décèdent chaque année des suites du tabac et plus de 1.500 femmes (Une
tunisienne sur 10 fume). C’est trop.
Les enjeux économiques de la production du tabac sont aussi importants, la Régie
tunisienne du tabac, c’est 23.000 emplois directs et indirects et 262,2 millions
de dinars de chiffres d’affaires réalisées en 2008. D’ailleurs, on peut lire ce
qui suit dans la présentation des activités de la Régie « Le secteur du tabac
occupe une place importante dans l'économie nationale et contribue activement à
la vie sociale en procurant un nombre important d'emplois dans l'agriculture,
l'industrie et la distribution ».
Ceci étant, les réalisations de la RNTA n’ont rien à voir avec les dépenses de
la santé engendrées par la consommation du tabac et à l’origine de nombre de
maladies dont celles citées plus haut. Et ce qui, en partie, expliquerait les
mesures prises par les autorités publiques pour lutter contre le tabagisme. Et
parmi lesquelles, nous pouvons citer l’interdiction de fumer dans les endroits
publics y compris les restaurants et les cafés, l’interdiction de la vente du
tabac aux jeunes de moins de 18 ans tout comme l’interdiction de la vente au
détail dans les lieux publics- mais est ce vraiment appliqué ?-. Une
augmentation progressive des prix a incité nombre de fumeurs à diminuer leur
consommation du tabac ou à l’arrêter définitivement pour des raisons
économiques. Rappelons à l’occasion que les taxes sur le tabac dans notre pays
figurent parmi les plus élevées de par le monde. Il n’empêche, plus de 3 % du
budget du ménage tunisien est consacré au tabac (à priser et à fumer), plus que
l’enseignement, l’hygiène, la culture et les vacances. Ce sont les classes
économiquement faibles qui dépensent le plus pour le tabac. Malgré la
commercialisation de près de 30 marques étrangères de cigarettes, cigares et
tabac sur le sol national, le marché tunisien est largement dominé par les
cigarettes locales qui représentent environ 90% des ventes et dont les prix sont
relativement accessibles aux catégories socio-économiques défavorisées.
Pour les personnes désireuses d’arrêter de fumer, le ministère de la santé a
procédé à la formation de 2000 médecins. Sur un tout autre plan, des actions de
sensibilisation et de communication à la lutte antitabac ont été développées
avec les représentants de la société civile. Car, nul ne peut douter des ravages
du tabac et ses conséquences sur la santé publique et en particulier de ses
effets sur des maladies très coûteuses telles le cancer.
Plus de 10.000 cas de cancers sont chaque année déclarés en Tunisie dont plus de
la moitié pour le sexe masculin. D’après Dr Nabli de la direction générale de la
Santé publique, les raisons en reviendraient au mode de vie moderne. Le
vieillissement de la population, le tabagisme (Le risque pour les fumeurs d’être
atteints du cancer est 50 fois supérieur au risque des non fumeurs d’en être
atteints), la sédentarité et l’alimentation. Le fast-food riche en graisse
animale, la viande d’agneau, les fritures, le sel, les aliments conservés, les
colorants et autres, sont autant de facteurs qui peuvent aggraver les risques
d’être atteints par ces maladies non transmissibles.
Rien que pour les mesures préventives, les besoins en équipements, en formation
pour les personnels médicaux et paramédicaux, le recrutement des assistants et
assistantes sociales, l’acquisition des nécessaires de traitements
anticancéreux, la recherche et le développement et autres moyens de lutte contre
le cancer, il faudrait, selon certains experts tunisiens, au moins un budget de
400 millions de dinars par an. En avons--nous les moyens ?
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