La
1ère édition du Salon de l’agriculture biologique et des industries alimentaires
a démarré, le 25 mars 2010 à Soukra expo, en présence de M. Abdessalem Mansour,
ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques. Se poursuivant
jusqu’au 28 courant, ce rendez-vous constitue une première dans un domaine
encore naissant en Tunisie. Même si
l’agriculture biologique
est bien connue
dans le monde, elle n’est pas assez développée en Tunisie. Les quelques
plantations biologiques sont principalement destinées à l’export. D’ailleurs, le
programme présidentiel vise à atteindre 500 mille hectares en 2014, avec
l’objectif d’élever la consommation des produits biologiques dans la
consommation locale des produits alimentaires à 1%.
Autant dire que la notion bio ne fait pas encore partie des mœurs des Tunisiens,
et donc les produits biologiques n’ont pas l’intérêt qu’ils méritent auprès des
consommateurs. «L’information manque à propos de ces produits. Les consommateurs
ne savent pas beaucoup de choses sur leurs avantages, ni sur leurs bienfaits sur
la santé. On ne regarde que les prix qui sont bien sûr plus élevés que les
produits conventionnels parce que leurs coûts sont plus élevés», nous a indiqué
Mme Emma Bernegger, gérante d’une société tunisienne spécialisée dans la
production de produits biologiques à base de céréales. Elle déclare qu’il y a un
grand effort à faire pour sensibiliser les gens et promouvoir la culture
biologique. «Il faut plus de marketing, plus de campagnes de sensibilisation»,
dit-elle. Mme Bernegger affirme que sa société est en train d’évoluer, surtout
que la demande pour ses produits augmente de plus en plus. Elle projette, ainsi,
l’ouverture des points de vente, qui s’ajoutent à un premier déjà en activité.
Diversification des produits biologiques…
Le Salon montre une plus grande diversification dans l’offre des produits
biologiques, par la présence d’entreprises privées spécialisées dans
l’agriculture biologique mais aussi d’institutions de certification et
d’organismes publics œuvrant à la promotion de ce secteur. On peut citer
l’Office national de l’huile, le Centre technique d’emballage et du
conditionnement (PACKTEC), le Centre technique de l’agriculture biologique,
l’Office des terres domaniales, etc. Ce qui montre qu’il y a un grand potentiel
à développer cette activité en Tunisie, à l’instar du la canne à sucre
biologique, produit sans additifs chimiques ou pesticides ou grains de synthèse.
Mme Aziza El Abed, représentante d’une société spécialisée dans ce produit, a
souligné que la participation à ce Salon leur permet de mieux faire connaître
leurs produits et permettre aux consommateurs de prendre conscience de leurs
bénéfices. Cette société exporte ses matières premières du Brésil. Elle produit
pour le marché local mais aussi pour les marchés à l’export, principalement la
France et la Belgique.
De son côté, M. Slim Kechaou, directeur général d’une société tuniso-canadienne
spécialisée dans la production et le conditionnement des légumes, a indiqué que
les produits biologiques tunisiens sont très bien acceptés à l’étranger.
Actuellement totalement exportatrice, M. Kechaou nous a affirmé que son
entreprise prévoit d’écouler une partie de sa production sur le marché local.
Cette société exporte pour le Canada, les Etats-Unis, le Mexique, le Liban et le
Maroc. Sa production de tomates transformées s’élève à 8.000 tonnes.
Un grand potentiel à l’export…
Au niveau de l’Office des terres domaniales (OTD), un grand effort est fourni
pour la promotion de l’agriculture biologique, et ce d’autant plus qu’il est
considéré comme le premier producteur d’huile d’olive en Tunisie, avec une
moyenne de 6 mille tonnes d’huile d’olive biologique par an. Il est propriétaire
de 60 mille hectares d’oliviers, comportant 95 oliviers biologiques. Sur les
marchés extérieurs, il exporte de
l’huile d’olive biologique en vrac vers les Etats-Unis, l’Espagne et la France. Pour l’huile d’olive biologique
conditionnée, elle est présente sur le marché local sous la marque «Diwen». L’OTD
est actuellement à la recherche de partenaires pour attaquer le marché
extérieur. L’office est actif également dans la production de légumes et fruits
biologiques. Il dispose d’une ferme pilote à Sidi Bouzid. Sur le marché local,
ses produits sont présents dans les grandes surfaces.
Concernant la certification des produits biologiques, Mme Amel Hizem,
représentante d’Ecocert, un organisme international de certification et de
contrôle, a indiqué que 130 projets tunisiens ont été certifiés par son
organisme, représentant 1.322 exploitants. Ce groupe, présent en Tunisie depuis
1999, se charge du contrôle et de la certification des procédures de
certification dans l’agriculture biologique, le commerce équitable se basant sur
les normes européennes, américaines et japonaises.
S’agissant de l’assistance technique des consommateurs, le Centre technique de
l’agriculture biologique apporte un soutien aux jeunes promoteurs dans la
création de leur projet. Un guide d’idées de projets a été récemment élaboré,
englobant une douzaine d’idées. En outre, le centre est chargé de la formation
et le recyclage, l’expérimentation (dans une parcelle de 4 hectares),
l’adaptation des acquis de recherche, la coordination des programmes de la
recherche et de la formation, etc.
In fine, cette 1ère édition du Salon de l’agriculture biologique et des
industries alimentaires a atteint ses objectifs, du moins en termes
d’organisation puisqu’il a pu rassembler près d’une cinquantaine d’exposants
directement concernés par le marché biologique ou organique. En termes
d’affluence, le Salon semble promoteur. On a remarqué une affluence des
professionnels mais aussi des jeunes étudiants à l’affût d’informations sur ce
domaine nouveau en Tunisie et sur les opportunités qu’il offre aux promoteurs de
projets.