M.
Mohamed Ridha Chalghoum, ministre des Finances, s'est félicité du souci des
membres du Conseil des ministres maghrébins des Finances et de la monnaie de
tout faire pour que la Banque maghrébine d’investissement et de commerce
extérieur (BMICE) entre en fonction, dans les meilleurs délais, avec pour siège
social, Tunis.
Le ministre, qui vient de participer, mardi (16 mars 2010) à Alger, à la 7ème
session du Conseil, n’a pas manqué de souligner le rôle dévolu à cette
institution dans «l'accroissement des échanges commerciaux, le financement de
projets structurants et l'institution de cadres juridiques favorisant la libre
circulation des capitaux, des biens et des personnes».
Selon nos informations, les ministres maghrébins des Finances se sont mis
d’accord sur un échéancier pour le lancement effectif des activités de la BMICE.
Selon les délibérations, elle entrera en service, au plus tôt, fin 2010 et au
plus tard début 2011.
Espérons que cette fois-ci, la BMICE verra effectivement le jour. Le feuilleton
des retards qu’elle accuse pour entrer en service commence à devenir lassant.
Pour mémoire, rappelons que l’accord sur la création de cette banque a été signé
en 1991 à Tripoli. Le projet de création de l’institution financière a été
ratifié et adopté par tous les pays membres de
l’UMA (Libye, Tunisie, Algérie,
Maroc et Mauritanie).
La BMICE a reçu pour mission de «contribuer à la mise en place d’une économie
maghrébine intégrée, de financer des projets mixtes, d’encourager la circulation
des capitaux et de développer les échanges commerciaux».
Le Capital déclaré est fixé à 500 millions de dollars tandis que le capital
devant être souscrit au moment de la création de la BMICE est fixé à 150
millions de dollars répartis à parts égales entre les cinq pays membres.
Les difficultés rencontrées par le processus de création de la BMICE illustrent
de manière éloquente l’incapacité des Maghrébins à édifier, depuis la création
officielle de l’UMA, un certain 17 février 1989, un espace régional compétitif.
Pour preuve, l’intégration économique entre les cinq pays du Maghreb demeure
faible et embryonnaire (2 à 3% des échanges globaux de la zone avec
l’extérieur). Pis, selon la Banque mondiale, le non-Maghreb coûte un à deux
points de croissance de moins pour les pays de la région et des centaines
d’emplois de moins (20 mille par an pour la seule Tunisie).
Conséquence, l’UMA, qui est avant tout une aspiration populaire, demeure, au
plan institutionnel «la plus grande frustration maghrébine», une zone
anachronique qui ne fait pas rêver ses habitants. Le processus d’édification de
ce marché de 85 millions de consommateurs (120 millions à l’horizon 2020), est
plombé, depuis sa création en vertu du Traité de Marrakech, par des différends
politiques, dont ceux qui opposent Marocains et Sahraouis et surtout, les deux
prussiens du Maghreb, Marocains et Algériens.
De manière plus précise, la plus importante entrave à la construction de l’UMA
est de toute évidence cette condition que pose le Maroc avant toute intégration,
celle qui exige le respect, voire la reconnaissance par tous les pays membres de
la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque pays. Entendez par là :
le Maroc refuse toute concession sur le Sahara occidental.