© webmanagercenter.com - 17 Mars 2010 07:22:00
- Tunisie - Environnement : Les dossiers brûlants de Nadhir Hamada (3)
- Par Moncef MAHROUG
Chaque
médaille a son revers. L’industrie aussi. Parce que le textile et le phosphate
et dérivés, parmi les plus importants secteurs de l’économie tunisienne, sont
fortement polluants, lutter contre la
pollution industrielle
d’une façon
générale et celle de ces deux secteurs en particulier constitue une
préoccupation majeure et une occupation permanente pour le ministère de
l’Environnement et du Développement durable. D’autant que ce combat n’est jamais
gagné ni d’avance ni définitivement.
Certes, il faut éviter de polluer pour ne pas avoir, par la suite, à dépolluer
–car cela coûte très cher. Et aux termes de la loi 96/41, cette tâche incombe
aux industriels eux-mêmes. Les pouvoirs publics se chargent, de leur côté, de
leur faciliter la tâche.
Ainsi, depuis mai 2009, les industriels –surtout ceux produisant des
déchets
toxiques- disposent à Jradou (Zaghouan, à 57 km de Tunis), d’une décharge dédiée
d’une capacité de traitement de 90.000 tonnes/an. Financée par la banque
allemande KFW à hauteur de plus de 60% de son coût -21 millions d’euros-, cette
décharge a été réalisée dans le cadre du "Programme national de gestion des
déchets solides, ménagers, industriels ou spéciaux" (Pronagdes) visant à doter
la Tunisie d’un réseau d'unités de traitement des déchets toxiques et dangereux.
C’est la première du genre en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Recevant au
début les déchets de sept gouvernorats, elle sera ultérieurement reliée à
d’autres régions.
Mais tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes, en matière
d’environnement? Non, répond le ministre de l’Environnement et du Développement
durable (lors du débat sur l’environnement organisé mardi 2 mars 2010 à la
Chambre des députés). «Nous sommes au début du chemin en matière
d’environnement», admet M. Nadhir Hamada.
Tout en reconnaissant que le ministère fait des efforts pour faire face aux
atteintes à l’environnement, à défaut de pouvoir les empêcher, certains députés
ont, à cette occasion, adressé quelques reproches. Comme de laisser s’installer
des usines «sans qu’elles aient réalisé des études d’impact sur
l’environnement», ou «quand elles s’en aperçoivent » de «ne pas appliquer les
décisions de fermeture, parce que l’usine appartient à X ou Y», accuse un
député.
Une accusation que le ministre de l’Environnement et du Développement durable
écarte d’un revers de main. «Le ministère ne traite pas avec des personnes, mais
des dossiers. Mais en l’absence d’étude d’impact, seul l’organisme ayant octroyé
l’autorisation peut la retirer». Ce qui ne veut pas dire que le ministère n’agit
pas ou ne peut rien faire. A l’appui de ses propos, M. Nadhir Hamada cite deux
exemples.
Le premier est celui d’une usine de Mareth (gouvernorat de Gabès) à propos de
laquelle des pétitions ont été envoyées aux autorités. Deux expertises menées
par le gouvernorat et le ministère n’ont pas démontré l’existence de dommages
provoqués par la pollution. Néanmoins, les plaignants ont porté l’affaire devant
la justice.
Le deuxième cas est celui d’une usine à Sousse. Et là, l’enquête a révélé des
manquements. Le ministère de l’Environnement et du Développement durable a
alerté celui de la Santé publique ainsi que le gouvernorat pour que le
nécessaire soit fait afin que la cause et les effets de la pollution soient
éliminés.
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