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  • Monnaies : Change dollar/euro, le bras de fer
  • Par Ali Abdessalem

  • Le marché des changes est fiévreux et tendu à l’heure actuelle. Le raid hostile initié par le dollar contre euro n’est pas près de se dénouer. Beaucoup de rebondissements empêchant de construire une vision nette sur l’issue du bras de fer entre les deux monnaies rivales, alors toutes les options sont ouvertes. Cependant, le billet vert a la faveur des pronostics. Tous les cambistes jouent la monnaie unique à la baisse à terme de deux à trois mois.

    Grèce : l’alerte rouge
    Les marchés s’étaient emballés très vite pariant sur la perte de l’euro à cause de la crise des finances publiques de la Grèce qui était au bord du risque de défaut. L’euro était passé sous la barre psychologique de 1,40 contre le dollar. Mais la solidarité européenne a joué et la Grèce a pu lever 20 milliards d’euros. Il est vrai que le taux sur l’obligation grecque était de 7% environ quand le coupon de l’Allemagne est à 3% soit plus de la moitié. N’empêche que l’émission de la Grèce a été souscrite quatre fois son montant. Les marchés y voyaient un coupon rentable et protégé par le ciment unioniste européen.

    Mais n’empêche que les cambistes agitent le spectre d’un vacillement de l’Espagne et du Portugal. L’Espagne s’était beaucoup trop engagée dans l’immobilier pour soutenir la croissance, et à présent que le marché s’est retourné, le déficit budgétaire n’autorisant pas de grande liberté de manœuvre, alors le pays pourrait se retrouver dans une impasse financière.

    Le Portugal n’est pas mieux loti. Ce temps chargé pèse sur les perspectives de redressement de la monnaie européenne alors qu’on sait que la Fed pourrait relever son taux directeur au second trimestre. L’euro n’est donc pas en posture offensive.

    Les prévisions à deux ou trois mois


    Pour sa part, Hatem Zaara, responsable de la salle de marché de Amen Bank, considère que la conjoncture hésitante pénalisera l’euro même s’il reconnaît que les marchés voteront présents pour la prochaine sortie de la Grèce au mois de mai prochain. Il voit un euro à 1,3680 à fin avril. Mehdi Ben Jaafar, responsable de la Salle de marché à Citigroup-Tunis, voit que les investisseurs à l’heure actuelle sont averses au risque. Ils se défont de l’euro mais ne prennent pas position sur d’autres valeurs dans des proportions significatives. Ils sont attentistes. Il se prononce toutefois pour un palier plus clément, il voit, sur un marché offreur d’euros, une fourchette de l’euro contre dollar à 1,3830 (down side risk) et 1,3850 (up side risk).

    Euro qui pleure, dollar qui rit

    En général, sur la place de Tunis, ce que perd l’euro est vite engrangé par le dollar. Les deux trésoriers anticipent un décalage de spread des deux devises contre dinar. Hatem Zaara donne le dinar à 1,82 contre TND et un dollar à 1,45. Mehdi Ben Jaafar valide le pronostic de taux contre dollar mais voit l’euro plus cher à 1,87.

    Que conseillent l’un et l’autre à nos trésoriers d’entreprise ? Il faut se couvrir, de toutes manières par des options ou du terme, mais il faut y aller pour Hatem Zaara. Mehdi Ben Jaafar consent mais pense que cela ne doit pas être systématique. Avoir le marché à l’œil et réagir en cas de besoin.
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