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Quels pré-requis pour une implémentation utile et durable?
S'agissant d'un nouveau mode de penser, d'agir et de gouverner,
la transparence
financière recherchée par les nouvelles normes IFRS suppose l'identification de
plusieurs pré-requis.
Ces derniers conditionnent la réussite de ce projet de mise à niveau comptable.
Parmi ces préalables, on peut valablement citer ce qui suit :
- La qualité de reporting financier dépend étroitement de la compétence et du
savoir-faire du management. En effet, plusieurs concepts véhiculés à travers le
nouveau référentiel comptable ne pourraient être véritablement traduits dans
l'information financière divulguée que si l'on s'assure de la qualité des modes
de gestion en vigueur. En effet, une entreprise qui ne confectionne pas un
véritable business plan s'empêche de pouvoir cerner la somme des
cash-flows
qu'elle s'attend de tirer d'un actif.
Ce dernier, ne se définit-il pas comme étant un "potentiel d'avantages
économiques futurs" ? Comment peut-on parler de "juste valeur" – ou de perte de
valeur – d'un actif alors qu'on ne sait pas déterminer et démontrer les flux de
trésorerie qui en découlent ?
- Longtemps, la comptabilité générale – appelée de nos jours la comptabilité
financière – était conforme aux attentes de l'administration fiscale et ce, au
détriment des besoins spécifiques des bailleurs de fonds et des investisseurs à
risque.
Se démarquer des préoccupations fiscales – tout en les respectant par ailleurs –
lors de la confection des états financiers, est de nature à réconcilier les
services comptables avec les autres cadres opérationnels de l'entreprise.
Dorénavant, ces derniers doivent jouer un rôle déterminant dans le processus
conduisant à l'image fidèle exprimée à travers l'information financière publiée
par l'entreprise. De ce fait, la qualité des états financiers n'est plus
l'apanage des seuls agents et cadres comptables. Sans une information de base
utile et intelligible, l'"expertise" des comptables ne suffit pas pour favoriser
la production d'informations financières conformes aux normes IFRS.
- Les administrateurs, de par leur responsabilité première et légale quant à
l'arrêté des comptes sociaux, gagnent à mettre en place des mécanismes à même de
les protéger de la divulgation d'états financiers non-conformes au nouveau
référentiel comptable.
La certification des états financiers par les commissaires aux comptes n'exonère
point les dirigeants en cas de publication de "faux bilans". Les administrateurs
sont, en effet, considérés comme les véritables auteurs de comptes sociaux et en
assument l'entière responsabilité. En cas de non respect des normes comptables
IFRS par l'entreprise, le commissaire aux comptes serait, tout naturellement,
"complice" de la faute liée à la production de "bilans inexacts" s'il n'en
averti pas l'assemblée des actionnaires.
- Garant de la bonne information financière divulguée par l'entreprise, le
commissaire aux comptes se trouve dans l'obligation de dominer parfaitement les
normes IFRS. La raison d'être du mandat de commissariat aux comptes en dépendra.
La profession comptable gagne, avec la bénédiction des pouvoirs publics, mettre
un plan d'urgence pour la mise à niveau des certificateurs des états financiers.
Sans cela, certaines entreprises de taille importante et d'autres dotées de
management averti peuvent dépasser leurs propres auditeurs externes dans le
savoir et le savoir-faire comptables.