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  • Tunisie – Industrie: Textile & Habillement, « le pire est derrière nous ? »
  • Par Maha Ouelhezi
  • On l’a compris. La crise n’est pas encore passée. Pour 2010, le tableau n’est pas aussi noire, affirme certains experts. La crise perdurera mais elle sera moins aiguë, fort heureusement pour les industriels. Et pour la première fois, ce ne sont pas les pays occidentaux qui en profiteront. « Les pays occidentaux ne sont pas les locomotives de la sortie de crise. Ce sont les émergents qui mènent la danse », analyse M. Dominique Jacomet, directeur général de l’Institut Français de la Mode, lors du séminaire organisé, le 18 février 2010, par le CETTEX, la FENATEX et le CEPEX, sur «Textile & Habillement : Conjoncture et perspectives nationales et internationales en 2010 »

    Ce n’est pas la fin des turbulences…

    En Europe, le redémarrage était lent avec une consommation qui a légèrement augmenté de 1,4% au début 2010. Les difficultés persistent surtout pour l’Allemagne dont l’économie repose entièrement sur le commerce extérieur. Aux Etats-Unis d’Amérique, la sortie était plus vigoureuse qu’en Europe et au Japon ; mais le taux de chômage reste encore élevé, soit +2,7%. Selon les prévisions, c’est la Chine qui réalisera le taux de croissance le plus spectaculaire (+10%), suivie par l’Inde (6,7%) et le Brésil (4,7%).

    « Le pire est derrière nous, c’est certain. Mais ce n’est pas encore la fin des turbulences », indique M. Jacomet. Ceci est dû, en partie, au désordre dans les parités de change (euro trop cher, dollar trop bas et yuan extrêmement bas), à la fragilité des banques, aux dettes des Etats et aussi aux excès de réserves en devises de la Chine. Celle-ci consacre 40% du PIB pour l’investissement, qui est en progression de 20% en 2010.

    Le paysage économique ne sera plus le même. Le sur-marketing n’est plus d’actualité. C’est le rapport qualité-prix qui prime. Les entreprises l’ont compris mieux que les Etats : il faut réduire les coûts mais aussi préserver les liquidités. De l’autre côté, les PME, particulièrement familiales, ont résisté mieux que les grandes firmes. S’il y a une leçon à apprendre est que rien ne sera plus comme avant.

    Qu’en est-il de la Tunisie ?

    En Tunisie, la baisse considérable des exportations en 2009 a mis en doute la capacité de ce secteur à surmonter la crise. « L’année était difficile, mais ceci n’a pas empêché la Tunisie de confirmer sa position comme 5ème fournisseur en habillement de l’Union Européenne ». Certaines branches ont résisté mieux que d’autres, tels que la maille qui a surmonté la crise et le jeans qui l’a subit. Le début de l’année 2010 n’y a pas échappé, avec un démarrage assez difficile. Le mois de janvier 2010 se situe dans la même tendance baissière au niveau des exportations (-3,7% en dinars et -6,7% en euros), ce qui représente 444 MDT et 235 millions d’euros par rapport à janvier 2009. Idem pour les importations, elles ont enregistrés des baisses de 2,4% en dinars (243 MDT) et de -5,5% en euros (128 millions d’euros).

    Les problématiques sectorielles persistent encore et se sont même accentuées. «L’endettement des entreprises tunisiennes est un véritable obstacle pour le secteur, vue leur taille moyenne. Il faudrait que l’Etat trouve un moyen pour faciliter l’accès à l’investissement, soit par des mécanismes de financement, soit par des subventions», a affirmé un industriel. Faut-il le dire : nous sommes encore loin des performances chinoises, dont la production industrielle a été peu affectée par la crise. Il faut ajouter les méthodes de travail qui sont là pour satisfaire les acheteurs.

    « La force de la Chine est le service et le suivi. Les chinois investissent sur les techniques. Ils se battent pour chaque détail. Il faut se bagarrer pour cela », a lancé Mme Annick Jehanne, consultante et enseignante à Mod Spé Paris. Elle ajoute que les performances communicationnelles sont aussi un point faible que les industriels tunisiens doivent compenser par une attitude plus agressive envers les marchés extérieurs, une participation plus massive aux salons étrangers et un investissement plus productif pour la formation du personnel aux nouvelles techniques. « N’hésitez pas à montrer vos atouts mais aussi à améliorer votre productivité », souligne-t-elle.

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