© webmanagercenter.com - 12 Février 2010 10:30:00
- Tunisie – Médias : Journalisme, entre le marteau et l’enclume !
- Par Meryem OMAR
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Aux Etats-Unis, tout le monde est en train de se préparer pour les Pulitzers où
l’on s’attend cette année à ce que les médias électroniques aient la part du
lion lorsque les résultats seront annoncés le 12 avril prochain. Une fête de
l’excellence auréolée des percées du journalisme d’investigation.
Contraste ; chez nous, il y a parfois tellement de complications dans le métier
de journaliste que l’on ne sait plus à quel saint se vouer et la mésaventure par
laquelle est passé l’un de nos collègues est un exemple du genre !
Tout le monde sait que l’écrasante majorité des entreprises, très
particulièrement celles du domaine des
technologies de l’information et de la
communication, cultivent le secret le plus total quand il s’agit de leurs
problèmes. Nous n’avons donc d’autres ressources que de nous rabattre sur des
‘’sources bien informées’’ qui veulent bien parler. L’exemple de l’heure est une
start-up des environs de la capitale qui est menacée de disparition (et de la
suppression d’une dizaine de postes d’ingénieur) et qui se trouve dans
l’impossibilité de remporter un contrat chez une grande entreprise publico-privée.
Notre collègue ayant eu les détails de la ‘’source’’ en question a publié un
article pour défendre ce que le chef de l’Etat en personne s’est fixé une règle
de défendre : des emplois (qui plus est dans le domaine capital des TIC).
Certainement mis sous pression par cette institution publico-privée, le gérant
de la start-up a tenu à publier un droit de réponse très agressif à l’égard du
journaliste qui le défendait et qui, évidemment, a été découpé en morceaux par
ses patrons.
Puni de la pire manière pour avoir fait son devoir, puni pour avoir défendu une
start-up qui doit justifier de marchés locaux avant de prétendre décrocher des
marchés à l’export, puni pour avoir fait l’effort de prendre sur lui dans la
recherche de la vérité…
Faire son métier ou faire son devoir ? Telle est la question vers laquelle tout
cela nous ramène. Et pour nous la réponse est claire : Avant tout, ‘’Nahna
nakhdmou fi eddrabbou !’’ (Nous travaillons pour le drapeau) et s’il faut payer
de leur personne pour préserver ne fût-ce qu’un seul emploi, pour aider à sauver
ne fût-ce qu’une seule entreprise, les journalistes tunisiens (et peut-être plus
singulièrement ceux qui ont la fibre et la vocation économique) ne reculeront
pas devant les ‘’complications’’ !
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