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  • Tunisie – Médias : Journalisme, entre le marteau et l’enclume !
  • Par Meryem OMAR

  • Aux Etats-Unis, tout le monde est en train de se préparer pour les Pulitzers où l’on s’attend cette année à ce que les médias électroniques aient la part du lion lorsque les résultats seront annoncés le 12 avril prochain. Une fête de l’excellence auréolée des percées du journalisme d’investigation.

    Contraste ; chez nous, il y a parfois tellement de complications dans le métier de journaliste que l’on ne sait plus à quel saint se vouer et la mésaventure par laquelle est passé l’un de nos collègues est un exemple du genre !

    Tout le monde sait que l’écrasante majorité des entreprises, très particulièrement celles du domaine des technologies de l’information et de la communication, cultivent le secret le plus total quand il s’agit de leurs problèmes. Nous n’avons donc d’autres ressources que de nous rabattre sur des ‘’sources bien informées’’ qui veulent bien parler. L’exemple de l’heure est une start-up des environs de la capitale qui est menacée de disparition (et de la suppression d’une dizaine de postes d’ingénieur) et qui se trouve dans l’impossibilité de remporter un contrat chez une grande entreprise publico-privée.

    Notre collègue ayant eu les détails de la ‘’source’’ en question a publié un article pour défendre ce que le chef de l’Etat en personne s’est fixé une règle de défendre : des emplois (qui plus est dans le domaine capital des TIC). Certainement mis sous pression par cette institution publico-privée, le gérant de la start-up a tenu à publier un droit de réponse très agressif à l’égard du journaliste qui le défendait et qui, évidemment, a été découpé en morceaux par ses patrons.

    Puni de la pire manière pour avoir fait son devoir, puni pour avoir défendu une start-up qui doit justifier de marchés locaux avant de prétendre décrocher des marchés à l’export, puni pour avoir fait l’effort de prendre sur lui dans la recherche de la vérité…

    Faire son métier ou faire son devoir ? Telle est la question vers laquelle tout cela nous ramène. Et pour nous la réponse est claire : Avant tout, ‘’Nahna nakhdmou fi eddrabbou !’’ (Nous travaillons pour le drapeau) et s’il faut payer de leur personne pour préserver ne fût-ce qu’un seul emploi, pour aider à sauver ne fût-ce qu’une seule entreprise, les journalistes tunisiens (et peut-être plus singulièrement ceux qui ont la fibre et la vocation économique) ne reculeront pas devant les ‘’complications’’ !

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