Le texte officiel de la Délégation de l’UE
en Tunisie (on ne l’appelle plus
Délégation de la Commission européenne) est une pure merveille : ‘’Il y a trente
ans, l'Union européenne signait un premier protocole financier avec la Tunisie,
ouvrant ainsi une ère de coopération et de partenariat qui touche aujourd'hui
des domaines très variés: notamment l'économie et le commerce,
la formation et
l'emploi, l'agriculture, l'énergie et l'environnement’’.
Une merveille parce qu’il dit tout… et rien ! Et c’est là tout l’intérêt des
relations entre notre pays et l’Union européenne où le seul qualificatif qui
nous paraît coller le plus parfaitement à cette réalité est celui de CONTRASTE !
Contrastée, à rebondissements, connaissant des hauts et des bas, usant de tous
les canaux de communication jusqu’aux plus improbables, passionnée en quelque
sorte, générant souvent une admiration partagée comme de l’impatience tout aussi
souvent…, cette relation pourrait ressembler à la vie d’un couple mixte, avec
tous les efforts de rapprochement culturel et de concessions pour qu’elle se
poursuive.
Autant dire indéniablement vivante, parfois singulièrement créatrice, le plus
souvent sincère… jusqu’à remporter la dernière bataille ; celle du RESPECT
mutuel, de la compréhension profonde et de l’acceptation de la différence.
Le plus difficile a toujours été et restera l’ECHELLE d’intervention alors que
les dossiers les plus importants, les plus stratégiques sont en jeu : les
réformes structurelles, la modernisation des règlementations commerciales, la
compétitivité des entreprises et leur intégration sur les marchés mondiaux, le
développement de l'enseignement et de la formation professionnelle, l'emploi…
Car, lorsqu’on se trouve à ce niveau, on se surprend à viser inconsciemment plus
haut ; là où l’on pourrait se retrouver à l’orée des questions
incommensurablement délicates de SOUVERAINETE !
La définition des principes et des objectifs communs de l'action extérieure de
l'Union, telle que portée par le Traité de Lisbonne, ne pourrait-elle pas prêter
à quelque confusion et être interprétée, sur les questions délicates, comme une
sorte d’ingérence ? Après trente années de vie de couple, sommes-nous capables,
tous les deux, de composer avec tout cela ? C’est de la réponse à cette question
que dépendra la qualité des relations
Tunisie-UE dans les décennies à venir !