A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des
zones humides,
la direction générale des forêts (DGF) relevant du ministère de l’Agriculture a
organisé, le 2 février 2010 à Korba, en collaboration avec le Fonds
international de la nature (WWF), un séminaire ayant pour thème «Prendre soin
des zones humides en Tunisie : une réponse aux changements climatiques». Une
question qui suscite des interrogations pour un non connaisseur, mais qui relève
d’un grand intérêt pour les spécialistes du domaine. Les zones humides
concourent, en fait, à l’équilibre de l’écosystème, un objectif bien difficile à
atteindre avec le
changement climatique. Elles sont, de ce fait, un réservoir
naturel pour la faune et la flore et une exposition extraordinaire de la
biodiversité.
Par ignorance ou par méfiance, on sait peu de choses sur ces zones humides dont
le nombre s’élève à 237 en Tunisie, soit 54 sebkhas, 31 garaets ou lacs
intérieurs d’eau douce, 7 chotts, une tourbière, 28 barrages et 61 oueds. Ces
zones humides comprennent 260 espèces végétales terrestres, 50 espèces végétales
aquatiques et 140 espèces d’oiseaux dont la plupart sont migratoires. Selon la
DGF, les zones humides accueillent, annuellement en hiver, plus de 500 mille
oiseaux provenant de l’Asie et d’Europe. 250 mille canards et foulques et 25
mille flamants roses s’invitent en Tunisie, au mois de janvier, soit 58% de la
population maghrébine pour les premiers et le tiers de la population
méditerranéenne pour le deuxième.
Vingt sites Ramsar…
Au plan international, les zones humides ont fait l’objet d’une convention
promulguée dans la ville de Ramsar (Iran) en 1971, et entrée en vigueur en 1975.
Son objectif est d’encourager à la protection des zones humides par la
promulgation de mesures sur le plan national et en collaboration avec des
organismes internationaux afin d’aider à promouvoir le développement durable
dans le monde. La Tunisie a adhéré à cette convention en 1980. Actuellement, on
compte 20 sites classés Ramsar, dont Chott Jerid, la lagune de Ghar el Melh, les
salines de Thyna, les iles Kneiss, etc.
Au plan régional, la Tunisie est classée troisième pays en Afrique du Nord à
promouvoir les zones humides, après l’Algérie (42 zones) et le Maroc (24 zones),
mais ceci est tout à fait logique vu la différence de superficie entre ces trois
pays. Néanmoins, «ceci dénote un intérêt particulier des pays nord-africains à
la préservation des zones humides», indique M. Faouzi Maâmouri, représentant du
WWF.
Dans l’avenir, on compte également classer vingt autres zones humides dans le
cadre de la convention de Ramsar. M. Djilani Laâbidi, représentant de la DGF,
nous a affirmé que les dossiers scientifiques et techniques de ces sites sont en
cours de préparation, en collaboration avec le WWF.
Indiquons que les deux parties ont entamé, depuis janvier 2009, un projet visant
à atteindre cet objectif mais aussi à promouvoir les valeurs des zones humides
classées Ramsar, renforcer les capacités des gestionnaires des zones humides
ainsi que sensibiliser les acteurs. Ce projet s’étale sur trois ans et englobera
un programme de sensibilisation et d’information auprès des écoles, un programme
de formation pour les gestionnaires des zones humides Ramsar en Tunisie. Six
ateliers sont, ainsi, prévus ainsi que la création d’un réseau des zones humides
tunisiennes. Trois plans de gestion seront élaborés, à l’issue de ce projet, et
pourrait concerner sebkhet Solimane (880 hectares), chott el Guettar (380
hectares) et la lagune de Ghar el Melh. Un comité national Ramsar Tunisie verra
aussi le jour.