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  • Tunisie - Crédits immobiliers : Le Financement bancaire à 100%, utopie ou tabou?
  • Un point de vue de Ali Abdessalem

  • A l’heure actuelle, les achats dans l’immobilier nécessitent, toutes formules de crédits confondues, une part d’autofinancement. Ne reste-t-il pas un peu de terrain à gagner en allant vers un financement intégral à crédit ?
  • Les formules de financement actuelles tiennent le rang et ne présentent pas de défauts majeurs de cuirasse. Toutes comportent une exigence d’autofinancement à apporter par le client. Cette participation n’est pas, obligatoirement, à débloquer en un coup. Elle peut être constituée après une période d’épargne. Les clients ne s’en plaignent pas. Après tout, en 22 ans de croissance soutenue, le pays n’a pas connu de crise de logement. C’est dire que le produit est en phase avec le marché et que les clients ont pu s’en accommoder. Les banquiers peuvent-ils faire plus ?

    Un crédit total est-il possible ?

    L’idée en soi n’a rien de choquant. Le principe existe pour les crédits sociaux. Pour cette souche de crédit, la part d’autofinancement n’est que de dix pour cent. Elle est actuellement prise en charge par le Fonds «26-26». On peut toujours m’objecter que c’est une mesure de transfert social qui est circonscrite à une population d’économiquement faibles, par conséquent réduite et que la collectivité peut assurer. Qu’à cela ne tienne, le principe existe et personne n’a crié au scandale. D’ailleurs, ce mode de financement avait fait tilt en s’invitant dans la campagne présidentielle de 2007 en France où il était question de prêts avec garantie de l’Etat et à taux bonifié.

    Le système bancaire peut-il s’accommoder d’un financement intégral ?

    Le système bancaire national a bien résisté aux appels de financement de secteurs bien plus lourds que l’immobilier et on pense notamment à l’hôtellerie et à l’industrie. Par conséquent, la prise en charge du résidu des 20% d’autofinancement, son niveau légal à l’heure actuelle ne semble pas poser un problème insurmontable. Nous ajouterions que l’allongement de la maturité des crédits à 25 ans conçue pour rendre les mensualités de crédits supportables par les salaires moyens, s’y prête avantageusement. Un schéma de financement entièrement à crédit sans apport personnel du client est donc tout à fait concevable d’autant que dans notre pays les banques se couvrent par une garantie totale sur la propriété acquise. Cet usage a fait le lit de l’idée du crédit total, pratique, par ailleurs, courante dans des économies avancées, tels la France ou les Etats-Unis. Que l’on soit rassuré ce n’est donc pas une utopie.

    Le tabou inflationniste est définitivement levé

    Du temps où la Tunisie pratiquait les ratios d’emplois pour les actifs bancaires, ce qui consistait à dicter des choix stricts de financement aux banques, sous peine de retenue en dépôts provisoires auprès de la BCT, sans rémunération, le système est plus affranchi. Le crédit logement à cette époque, un peu austère, était dénommé «crédit standing» et sa maturité était de moyen terme car limitée à 7 ans. Et la part d’autofinancement était élevée, soit 40%. Et on légitimait cela par la lutte contre l’inflation. En effet, l’amont industriel du secteur du bâtiment était encore naissant et trop de demande de logement aurait provoqué un effet de surchauffe et généré de l’inflation. Depuis, le Changement est passé par là, le secteur a gagné en maturité et la politique monétaire n’est plus dépendante des instruments élémentaires qui se limitaient, au bout du compte, à des restrictions de consommation. Le crédit intégral n’est donc plus un tabou. CQFD.

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ECONOMIE
   
commentaires VOS RÉACTIONS À CET ARTICLE
  • crédit intégral    posté le 09/02/2010 a 13:27:30

    Si le crédit intégral existait chaque famille, répondant aux autres conditons bancaires, aurait son logement.la vie serait meilleure.

    par nouri taieb
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