La dernière édition des
Journées de l’Entreprise, organisée par l’IACE à Sousse,
les 11 et 12 décembre 2009, s’est déroulée sous le signe du renouveau et du
renouvellement.
Tout d’abord, l’IACE a battu son propre record avec 930 participants, soit le
maximum jamais enregistré dans ce type de joute, si bien que les inscriptions
auraient été closes dès le 9 décembre. Sur les 930 participants, il y avait 280
étrangers, dont 50 Algériens, Marocains, Libyens et Mauritaniens, ce qui prouve
de plus en plus la vocation maghrébine de l’IACE.
On y croise des invités du Maghreb qui commencent à être des habitués de cette
manifestation aux côtés des invités ou participants des pays européens (France,
Espagne, Italie et même de Bulgarie). Preuve que les Journées de l’Entreprise
restent un moment fort de concertation, de lobbying, de contact et de
retrouvailles.
On a noté aussi une très grande présence féminine, de cadres et chefs
d’entreprise et surtout des jeunes, ce qui est un fait relativement nouveau; les
journées restent, il est vrai, majoritairement "masculines" ; Mme Salwa Smaoui,
DG de Microsoft Tunisie, a été l'une des rares intervenantes des journées 2009.
L’IACE devra probablement faire un plus grand effort en direction des jeunes et
surtout des femmes chefs d’entreprise femmes.
Pourquoi ce nombre élevé de participants ? La crise économique mondiale pourrait
expliquer, en partie, cette présence massive. Car on est venu pour se
rencontrer, se concerter, voir l’autre, vérifier son état de santé économique,
s’échanger des idées, des remèdes, trouver des réponses, en un mot partager son
inquiétude et/ou sa peur face à une conjoncture morose et difficile.
L’attente était très forte par rapport aux discours officiels et aux réponses
apportées pour sortir de la crise et pour faire face au chômage.
Malheureusement, la déception était également visible sur certains visages et
dans les propos. Certes, la problématique est complexe : crise, baisse de
l’investissement et surtout un chômage qui frappe la planète entière–ou
presque-, mais on s’attendait à une meilleure écoute, à un débat d’idées, des
échanges, un défrichement de nouvelles idées. Ce ne fut pas forcément le cas,
parce que les points de vue de l’entreprise et de l’administration divergent
souvent.
La première –l’entreprise- demande des actes, une politique agressive de
subventions, des plans de relance (comme ce qui se fait ailleurs dans les pays
développés), alors que la deuxième –l’administration- est plus conservatrice,
cherche un meilleur équilibre fiscal et compte plutôt sur le secteur privé pour
sortir de la crise.