C’est dans le cadre des ‘’MARDIS de l'ATUGE’’ que plusieurs participants, autour
de Mongia Khemiri, directrice générale de la FIPA, et de Mohamed Ben Abdallah,
directeur général de
l'API, se sont réunis dans un hôtel aux Berges du Lac à
pour débattre de ‘’l'image de l'industrie tunisienne à l'étranger’’.
Le ton sera tout de suite donné. D’abord, on reconnaît que les chiffres sont
encourageants en termes d’implantation d’entreprises en Tunisie –leurs nombre
est passé de 200 à la fin des années 80 à plus de 2000 aujourd'hui-, ensuite, on
salue les tentatives de diversification pour ne pas cloisonner l'apport du
partenaire tunisien à une simple sous-traitance… Toutefois, ‘’le site Tunisie
reste fragile’’, estime un communiqué de l’ATUGE.
De là, le document de l’Atuge pose une question : le site Tunisie serait-il
hanté par les choix des années 70 ? A ce titre, l’exemple de l'industrie textile
qui, bien que montrant des signes forts de résistance, n’a pas su passer à un
palier supérieur, a souvent été repris au cours du déjeuner-débat.
Défaut de communication ? Non, pas tout à fait, indique l’ATUGE : ‘’La
communication seule ne saurait impulser plus que le pays ne peut donner’’.
Plusieurs fois, les slogans détournés sont revenus pour poser d'autres questions
telles que celle de la nécessité de passer de «Tunisie, terre d'accueil des
investissements» à «Tunisie terre d'investissements», ou encore, pour éviter les
écueils soulignés plus haut, passer de la «Tunisie, terre d'accueil de la valeur
ajoutée» à «Tunisie, terre de création de la valeur ajoutée». Et pourquoi ne pas
faire appel à des professionnels pour vendre ? Pourquoi ne pas offrir un
hébergement des centres de Recherches & Développement : créateurs d'emplois pour
les jeunes diplômés qui auraient l'avantage de permettre aux compétences
tunisiennes de participer à l'innovation, toutes choses qui mettraient notre
pays au cœur du développement ?, suggère le document de l’ATUGE.
En tout cas, contrairement à d’autres, l’ATUGE dit les choses en termes crus, ou
presque. ‘’Si tout le monde s'accorde pour reconnaître les progrès réalisés en
quelques années, la bureaucrate excessive, le manque de moyens alloués, des
codes parfois obsolètes et des périmètres d’intervention des organismes publics
parfois redondants, font que les investisseurs étrangers restent frileux et que
les entrepreneurs tunisiens se sentent bridés’’.
Face à ce constat –amer, il faut le reconnaître-, Mongia Khemiri évoquera, selon
le document de l’ATUGE, ‘’la limitation du périmètre d’intervention de la FIPA,
les secteurs réglementés tels que l’environnement et les services de santé,
pourtant attractifs pour des investisseurs étrangers, n’entrant pas formellement
dans son champ d’intervention’’.
L’ATUGE conclut en disant qu’il faudra encore un peu de temps pour préciser les
contours de l'image, un travail en coopération des trois agences (FIPA, API,
CEPEX) est évidemment nécessaire et ce sera le cas sur l'agence de la FIPA à
Tokyo qui ouvre en janvier prochain et qui mutualisera ses moyens avec ses
partenaires.
En outre, pour lui donner des couleurs, une refonte des codes (en particulier
celui qui régit le commerce et l’accueil des étrangers) est vitale, des
encouragements forts qui permettront de donner un environnement fiable et
incontournable à cette terre encore "si proche et si lointaine" comme le
scandait un autre slogan touristique, vantant le dépaysement de proximité...
Pourquoi pas, alors, "Tunisie, la terre du milieu" pour relever les défis de
l'Empire du Milieu?
On ne pouvait être plus clair!