Les
fruits et légumes tunisiens sont d’une excellente qualité mais se vendent mal à
l’étranger. Pourtant, il suffit qu’ils soient bien connus, bien emballés et bien
exposés pour s’imposer au goût des fins gourmets d’autres contrées.
Consciente de la rentabilité de ce créneau, l’Agence de promotion des
investissements agricoles (APIA) a organisé, récemment, à Avignon (France), une
exposition de produits agricoles de qualité.
L’objectif est d’offrir, à d’éventuels acquéreurs, l’occasion de déguster ces
produits, d’apprécier leur saveur et d’explorer de nouveaux débouchés plus
rémunérateurs pour leur écoulement.
L’Agence a même institué des incitations en faveur des agriculteurs qui désirent
promouvoir leurs produits que ce soit dans le cadre de ce type de manifestation
ou dans le cadre d’autres salons et foires organisés à l’étranger.
Pour ne citer que deux avantages : ils peuvent bénéficier d’une baisse de 50% du
prix du billet d’avion et de la gratuité du transport des fruits et légumes à
exposer.
Par delà ces incitations, l’exploration de débouchés pour des
produits agricoles
est, en elle-même, une affaire fort rémunératrice. Un kilogramme de piments
piquants se vend à La Valette (Malte) à 9 euros (environ 18 dinars) tandis que
le melon tunisien se vend à plus de 12 dollars à Séoul (Corée du Sud) et à plus
de 20 dollars à Tokyo (Japon).
Parallèlement à la promotion des produits agricoles à l’étranger, la Tunisie ne
ménage aucun effort pour encourager l’investissement direct étranger dans le
secteur des produits agricoles à forte valeur ajoutée.
A titre indicatif, des investisseurs français, marocains, espagnols,
britanniques et hollandais ont pris l’initiative de s’implanter à El Hamma
(gouvernorat de Gabès) et dans d’autres zones limitrophes (Chenchou, El
Khebayaet, Ben Ghilouf) pour s’adonner à la culture des primeurs irrigués par
les eaux géothermiques.
Le fruit-légume phare de ces cultures est manifestement la tomate d’El Hamma.
Celle-ci se vend en Europe à plus de 4 euros (près de 8 dinars) et à plus de 6
dollars dans les pays du Golfe.
Ces cultures ont un bel avenir devant elles. En témoignent les superficies des
serres que les investisseurs comptent aménager. Selon les intentions d’investir
déclarées auprès de l’APIA, celles-ci s’étendent sur 70 hectares (l’équivalent
de 70 stades de football). Ces nouveaux projets permettront de doubler la
superficie globale réservée aux cultures sous serres pour atteindre les 140
hectares. L’objectif de la stratégie régionale arrêtée à cette fin est
d’atteindre les 150 hectares.
La valeur de ces investissements est estimée à un million de dinars par hectare.
Leur capacité de création d’emplois est estimée à 13 par hectare alors qu’elle
ne dépasse pas les 3 emplois dans les périmètres irrigués ordinaires.
Mieux, l’investissement dans ce type de production agricole à forte valeur
ajoutée a une dimension structurante. Il a pour mérite de favoriser l’émergence
à la périphérie du site de production d’autres activités telles que l’emballage,
industrie de transformation, transport…