Invité
surprise de la troisième édition du forum «Maghreb Développement» (Tunis, 19-20
novembre 2009), organisé par Attijariwafabank, l’ambassadeur marocain l’a
confirmé : «Des décisions administratives prises depuis 2006 ont permis de
faciliter les échanges entre les deux pays en éliminant des obstacles aux
exportations et aux importations». A telle enseigne que «les services
économiques de l’ambassade» du royaume chérifien dans la capitale tunisienne
«n’ont plus, depuis 2007, eu à intervenir» pour débloquer une opération
commerciale dans un sens ou dans l’autre.
Cependant, les deux gouvernements ne se sont pas contentés de déminer le terrain des échanges commerciaux. Ils ont également ajouté quelques pierres à l’édifice de la coopération tuniso-marocaine en concluant quelques accords de partenariat, dont celui instaurant l’Open Sky entre la Royal Air Maroc et Tunisair, un autre portant sur les certificats de conformité qui rend acceptables dans les deux pays les attestations de leurs laboratoires d’analyses respectifs.
Les deux gouvernements sont également en train d’élaborer un tableau de correspondance de leurs nomenclatures douanières respectives qui devrait déboucher sur la conclusion d’une convention en vue de faciliter davantage les échanges commerciaux tuniso-marocains.
Tous ces efforts n’ont pas manqué de faire sentir leurs effets : en 2008, les échanges entre les deux pays ont fait un bond de 32%. Malgré cela, l’ambassadeur du Maroc est convaincu que les deux pays et, en particulier, leurs opérateurs économiques respectifs, peuvent faire plus en mettant à profit l’Accord d’Agadir ratifié par l’ensemble des pays membres de cet ensemble sous-régional (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie). Un instrument qui, rappelle Najib Zarouali Ouariti, «ne vise pas seulement à favoriser le libre-échange, mais également à développer l’intégration économique entre les pays membres». Aussi, le diplomate rêve-t-il de voir les entreprises de ces pays se liguer pour faire face à la concurrence internationale, par exemple en transformant la matière première de l’un d’entre eux, chez un autre avant d’achever le processus dans un troisième, ou en soumissionnant ensemble à des appels d’offres internationaux.
Toutefois, entre le Maroc et la Tunisie tout n’est pas encore pour le mieux comme dans le meilleur des mondes. L’ambassadeur du Maroc regrette notamment que la liaison maritime entre les deux pays souffre d’un problème de rentabilité et révèle avoir proposé aux autorités tunisiennes et libyennes d’y pallier en prolongeant la ligne jusqu’à Tripoli.
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